L'Armée de terre tire une fusée de détresse

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Dans un contexte budgétaire qui tend à se resserrer encore, l'armée de Terre craint une nouvelle fois d'être mise au régime sec. Les Terriens, qui agitent leurs réseaux pour tenter de conserver leurs programmes dont les montants restent raisonnables à côté des grands programmes aéronautiques, navals et nucléaires, ont des raisons de penser qu'ils pourraient être à nouveau la variable d'ajustement du budget de la défense dans le cadre des travaux actuels de l'État-major des armées (EMA). Ce dernier réfléchit à la façon de gérer les aléas du budget 2011 (surcoûts de l'opération en Libye, incertitudes sur le niveau des recettes exceptionnelles, la non exportation du Rafale qui pèse sur le budget à court terme...) mais aussi l'après 2012 et un nouveau tour de vis budgétaire.« Nous avons besoin de programmes fondamentaux pour l'équipement de nos forces que l'on nous conteste, regrette le général Bernard Guillet, sous-chef plans et programmes de l'État-major de l'armée de terre (voir ci-dessous). « Il y a une alliance objective entre les financiers de Bercy, du ministère de la Défense et de la Direction générale des armées (DGA) pour engager le moins possible de crédits cette année », précise un observateur du monde de la défense. Or, l'armée de Terre, qui ne pèse déjà plus que 18 % du budget équipement militaire des armées en 2011 (mais 85 % des effectifs), ne dispose pas d'un industriel comme Dassault Aviation, qui sait peser sur les choix budgétaires afin de préserver les programmes dédiés aux avions de combat. Pourtant, sans forces terrestres bien équipées, la France pourrait à terme perdre sa capacité à peser dans les opérations internationales, à l'image de l'Afghanistan où l'armée de Terre a perdu en 2010 treize soldats et déploré 82 blessés graves.Au global, comme l'a souligné à plusieurs reprises le chef d'Etat-major de l'armée de Terre (EMAT) Elrick Irastorza, « il n'y a pas de difficultés majeures pour remplir la mission » à condition de ne pas demander à l'armée de Terre « le contrat maximum » qui serait « plus compliqué » à gérer. Les soldats sont plutôt bien équipés mais la capacité reste fragile, estime-t-on à l'EMAT. En clair, la rupture capacitaire n'est jamais loin à l'image des actuels drones tactiques, les SDTI dont six vecteurs sont en permamence engagés en Afghanistan et qui doivent servir jusqu'en 2017.L'EMAT pas assez « filou »L'armée de Terre a sa part de responsabilités dans son déclin. « Nous sommes de trop bons élèves », entend-on souvent parmi les officiers généraux. À savoir, l'EMAT ne se montre pas assez « filou » pour contrer les demandes de l'EMA et du cabinet du ministre. Surtout, l'armée de Terre « n'a jamais bien réfléchi à l'avenir et n'a donc pas su promouvoir ses besoins en matériel de haute technologie. D'où sa quasi absence dans les programmes d'études amont (PEA) », souligne un proche de ces dossiers, qui rappelle la maladresse d'Elrick Irastorza de promouvoir une armée de Terre rustique. D'où l'importance de Scorpion, un programme technologique fédérateur (systèmes de communication) pour l'armée de Terre. Il permettra in fine de réduire les coûts et de faciliter le soutien.

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