Iran : les sanctions affaiblissent la production de pétrole

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Au-delà du nucléaire, le bras de fer de l'Iran avec la communauté internationale commence à produire sérieusement ses effets sur un secteur clé pour le pays, la production de pétrole et de gaz. Faute d'investissements étrangers suffisants, l'Iran est devenu le pays où le déclin naturel des champs pétroliers matures est le plus élevé au monde. Selon les estimations de Barclays Capital, cette usure se solderait déjà par une déperdition annuelle allant de 400.000 à 700.000 barils par jour. Quant à la capacité de production du pays, elle continue de stagner depuis un long moment déjà autour des 4 millions de barils par jour (Mb/j). « Le pays investit bien sûr mais pas suffisamment », déplore un analyste parisien, « c'est aussi la conséquence d'un choix politique en interne », ajoute-t-il, alors que l'Iran continue notamment de privilégier la vente de produits raffinés à des prix très bas. Dans ce contexte, la politique de sanctions pratiquée par les États-Unis n'en est que plus efficace. « Le retrait des sociétés occidentales porte un coup de plus en plus rude au secteur énergétique, poursuit cet analyste, la dégradation est de plus en plus perceptible : l'assistance technologique et les investissements manquent cruellement dans le domaine de l'exploration. » Même les groupes chinois qui se présentaient pourtant, après le départ des majors occidentales, comme une relève sérieuse, ont levé le pied, selon les analystes de Barclays Capital. « L'implication de Sinopec dans le développement du champ de pétrole de Yadavaran est par exemple très lente, expliquent-t-ils. Le projet a pris plus d'un an de retard tandis que l'échéance de 2016 - date qui avait été fixée pour la finalisation du projet -paraît de moins en moins plausible. » De nouveaux gisements sont pourtant découverts - le dernier en date, celui d'Abuzar, près de Kharg Island, est estimé à 4 milliards de barils par l'Iran - mais ils ne permettent guère pour l'heure d'augmenter la production nationale. L'Iran a d'ailleurs tiré plusieurs fois la sonnette d'alarme. En mai dernier, les Gardiens de la Révolution ont mis en garde contre le risque de voir la production chuter brutalement si le pays n'investissait pas au moins 25 milliards de dollars par an. Selon le Majlis, le parlement iranien, le pays s'exposerait en pareille situation à ne plus pouvoir exporter d'ici les huit prochaines années. Marjorie Bertouille

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