La ruée des groupes pharmaceutiques étrangers en Inde se poursuit
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Pas moins de 3,72 milliards de dollars (3 milliards d'euros) : c'est ce que le groupe pharmaceutique américain Abbott va payer pour les activités domestiques du laboratoire indien Piramal, Piramal Healthcare Solutions. L'ensemble, formé par les activités d'Abbott en Inde et les actifs achetés sera le plus gros intervenant sur le marché intérieur du pays. Cette opération confirme l'intérêt porté par les groupes pharmaceutiques internationaux au marché indien. Il s'agit de l'une des plus grosses acquisitions jamais réalisées en Inde par un groupe étranger. Ensuite, le prix payé, neuf fois le chiffre d'affaires des actifs vendus, est impressionnant. « Près de 4 milliards de dollars pour ce qui n'est qu'une division d'un laboratoire de taille moyenne, c'est fou ! » s'exclame un analyste.Cette acquisition n'est pas isolée. Voici deux ans, le japonais Daiichi achetait Ranbaxy pour 4,6 milliards de dollars. L'été dernier, Sanofi payait 550 millions d'euros pour la biotech Shantha. Pourtant, voici quelques années, « les laboratoires étrangers ignoraient les entreprises indiennes du secteur, considérant qu'elles fabriquaient des médicaments génériques bon marché, qu'elles ne respectaient pas la propriété intellectuelle, etc... », raconte le responsable du département pharmacie et sciences de la vie chez PricewaterhouseCoopers, Sujay Shetty.doublement du marchéEn premier lieu, les génériques jadis méprisés sont devenus des éléments indispensables à la stratégie des multinationales pharmaceutiques, tant pour les pays en développement que pour les pays riches, où les gouvernements veulent faire chuter le coût des médicaments. En outre, les pays émergents en général et l'Inde en particulier deviennent des marchés de première importance. Abbott estime que le marché domestique indien du médicament, de 8 milliards de dollars en 2010, devrait avoir plus que doublé en 2015... Dès lors, affirme Hitesh Sharma, responsable des sciences de la vie chez Ernst & Young India : « Mon sentiment, c'est que les entreprises internationales viennent en Inde d'abord pour le marché domestique, mais qu'elles regardent aussi quelles synergies elles peuvent tirer de leur présence ici. »Le mouvement devrait continuer, d'autant que le marché indien demeure très fragmenté. Numéro un, l'ensemble Abbott-Piramal n'en détiendra que 7 %. D'autres labos de taille moyenne comme Cipla, Lupin, Dr Reddy, pourraient être tentés par une cession. Mais « même s'il y aura des acquisitions importantes, estime Hitesh Sharma, il y aura aussi des accords de licences ou de fabrication tout aussi importants ». Patrick de Jacquelot, à New Delh
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