Les dirigeants socialistes commencent enfin à parler de leur projet pour 2012

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Les responsables socialistes n'ont pas chômé hier. Outre les retraites (voir page précédente), ils ont entamé la discussion de leur programme économique pour 2012. En charge de ce dossier, le député du Doubs Pierre Moscovici a présenté devant le bureau national les propositions « pour un nouveau modèle économique, social et écologique ». Ce texte d'une vingtaine de pages constitue la synthèse des travaux menés depuis l'automne sous la responsabilité de l'ancien ministre des Affaires européennes et candidat probable aux primaires. Le texte devrait être à nouveau discuté la semaine prochaine en bureau national puis devant le Conseil national avant d'être soumis au vote des militants, le 20 mai, et adopté définitivement lors d'une convention une semaine plus tard. Rien n'est jamais simple au PS....Sur la forme, le projet s'articule en trois temps : que produire, comment produire, comment redistribuer ? Sur le fond, sa connotation est volontairement de gauche et écologiste. S'il évoque des idées générales voire des banalités comme « la crise de civilisation » ou « la priorité au long terme plutôt que la tyranie du court terme », il propose aussi des réformes précises. Afin de disposer d'une industrie forte, Pierre Moscovici suggère la création d'un Pôle public d'investissement adossé à la Caisse des dépôts, à la Banque de France, à la Banque Postale et à Oséo. Une partie des sommes consacrées au crédit impôt-recherche lui serait attribuée. Concernant le travail, le projet propose que les salaires « soient compris dans une échelle de l'ordre de 1 à 20 ». Il prévoit également la présence de représentants des salariés dans les conseils de surveillance. Autre promesse : la création d'une sécurité sociale professionnelle financée par une majoration des cotisations des entreprises recourant à trop de précaires. « Grand impôt citoyen »La réforme fiscale devrait constituer un gros morceau du futur programme. Concernant l'impôt sur les sociétés, le texte propose de moduler son taux selon que les bénéfices sont réinvestis ou non. Personne ne sera surpris par la proposition de supprimer le bouclier fiscal, ni par celle de rétablir une imposition sur les grosses successions et de remodeler l'ISF. Le projet s'avance peut-être en réclamant la remise en cause de « l'ensemble des régimes fiscaux dérogatoires ». Il suggère aussi la mise en place d'une taxation des bonus et des transactions financières. Enfin, le projet évoque la création d'un « grand impôt citoyen sur le revenu » prélevé à la source par fusion de l'IR et de la CSG. Patrick Coquidé

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