Les prothésistes auditifs attendent le papy-boom
La Tribune
La Tribune
Les deux leaders en France de la correction de l'audition traversent une zone de turbulence. Le titre du numéro un du secteur, Audika, a perdu près de 22 % en deux séances suite à l'annonce d'un recul de 3,8 % de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre en glissement annuel. Le groupe a été sanctionné pour avoir pris le marché à contre-pied, alors que le consensus tablait sur une croissance de près de... 10 % de l'activité. Conséquence directe : « Il n'y a aucune visibilité sur le troisième trimestre, on ne sait pas quels chiffres va sortir Audika » déplore Guillaume Cuvilier, analyste chez Gilbert Dupont. Le titre du numéro deux du secteur en France, l'italien Amplifon, coté à Milan, a aussi perdu 8 % en deux jours. Manifestement, le marché redoute aujourd'hui une déception lors de la publication des résultats du principal concurrent d'Audika le 28 juillet. Car dans un contexte économique pesant et en période de rigueur budgétaire « le fait que la prothèse auditive ne soit quasiment pas remboursée par la sécurité sociale est préjudiciable au secteur » constate Sonia Papillon, analyste chez Portzamparc. Un appareil coûte environ 1.600 euros pièce et est pris en charge seulement à hauteur de 8 %. Les prothésistes auditifs, en subissent les conséquences. Contre-performance Pour autant, la contre-performances boursière des deux groupes pourrait être passagère car le contexte démographique rend le secteur porteur. Alain Tonnard le PDG d'Audika s'appuie la dessus pour annoncer une « croissance moyenne de 10 à 15 % de l'activité sur les cinq prochaines années », avec « 30 à 40 % de clients potentiels » supplémentaires. Il justifie d'autant plus ses prévisions que pour l'instant « seul l'appareil auditif permet de pallier la presbyacousie - baisse de l'ouïe due au vieillissement ». Le président d'Audika attend le papy-boom, qui n'est toujours pas d'actualité pour son groupe car « les problèmes d'auditions commencent autour de 68-70 ans, donc de 2015 pour la génération née en 1945 ». Mathias Thépot
La Tribune