Max de Vietri a trouvé le filon en Australie

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Max de Vietri est un citoyen du monde. De par ses origines d'abord. Né en Angleterre d'une mère italienne, il grandit dans le sud de la France chez son père adoptif, avant que toute la famille n'émigre en Australie aux débuts des années 1960. De par son parcours professionnel ensuite, puisqu'il passe sa vie à noircir les pages de sa collection de passeports, avec au compteur plus d'une cinquantaine de pays visités. « Chez moi, c'est là où me portent mes chaussures », lâche dans un large sourire l'homme aux semelles de vent. Il vit aujourd'hui du côté de West Perth, dans le sud-ouest de l'Australie. Dans ce quartier de millionnaires, Max connaît tout le monde. Normal il est l'un d'entre eux, même s'il a égaré une partie de son patrimoine en chemin. La cinquantaine élégante et l'oeil qui pétille, ce gentilhomme de fortune ne doute pourtant de rien : « J'ai la recette pour faire de l'argent. »des trésors fabuleuxÀ l'âge où la plupart ont déjà enterré leurs rêves, lui croit toujours aux trésors fabuleux. Normal, il en a déjà tant découvert aux quatre coins du globe. À 15 ans, Max s'imaginait biologiste marin, se pâmant devant les exploits sous-marins de Jacques-Yves Cousteau. Les siens seront souterrains, lorsque après avoir été « sidéré par la tectonique des plaques », il passe à Sydney son diplôme de géologie appliquée. Dans une Australie dont les sous-sols gorgés de minerais en tout genre ressemblent à un véritable coffre-fort, Max ne tarde pas à en trouver le code. Il travaille d'abord dans le secteur de l'uranium, quelque part dans le nord du pays, avant de se retrouver chercheur d'or à Kalgoorlie, le plus important gisement aurifère du pays. Dans cette ville « où les investisseurs faisaient le tour des pubs l'oeil fixé sur les bottes couvertes de paillettes des prospecteurs », Max est lui-même gagné par la fièvre jaune. Il décide en 1988 de travailler pour son propre compte et devient consultant, parcourant le continent australien et même l'Asie du Sud-Est à la recherche cette fois de l'or noir. Les antipodes sont en effet rapidement devenus trop petits pour lui. Il avait déjà fait le grand saut pour rejoindre un cabinet de courtage à Londres, puis à Singapour, avant de débarquer en 1979 dans ce qui était encore la Haute-Volta. Une expérience qui marque alors à vie le jeune ingénieur, séduit par une Afrique qu'il « veut dompter pour mieux la comprendre ». Il doit attendre quinze ans avant de pouvoir y remettre les pieds, après une parenthèse de cinq ans en France. Parti pour trouver de l'or, Max débarque en Mauritanie en 1994, pour mettre à jour les plus grands gisements de pétrole offshore du pays, se fiant « à mon nez et à ma chance », explique celui qui a justement choisi d'appeler sa compagnie Baraka. Il part ensuite au Mali, où le président envoie « sa voiture officielle me cueillir à l'aéroport », se souvient l'actuel consul du pays en Australie. À l'ombre du portrait d'Amadou Toumani Touré qui trône dans son appartement de Perth, Max écrit un nouveau chapitre de ses histoires africaines, en finissant son doctorat sur les relations controversées qu'entretient le continent avec ses matières premières. Avant de peut-être y retourner chercher fortune.

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