Moscou veut construire cinq stations de ski dans la région à risque du Caucase

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Aller skier dans le nord du Caucase, au Daghestan et en Ossétie du Nord, non loin de la Tchétchénie ou de l'Ingouchie, sera-t-il un jour le lot quotidien de nombreux Russes, Européens, Arabes et Asiatiques ? C'est en tout cas le rêve du gouvernement russe qui ne cache plus ses grandes ambitions touristiques pour relancer l'économie de cette région du Caucase du Nord encore marquée, notamment au Daghestan et en Ossétie du Nord, par les risques d'attentats. Le forum économique de Davos devrait en tout cas fournir l'occasion au président Medvedev et à la société étatique North Caucasus Resorts Company (NCRC) d'officialiser un projet de 15 milliards de dollars portant sur la construction de cinq stations de ski dont deux seront situées au Daghestan et en Ossétie du Nord. « Ce projet n'a pas de lien avec les JO d'hiver de 2014 à Sotchi (qui se trouve au bord de la mer noire) si ce n'est qu'il pourra bénéficier des retombées marketing de l'événement », explique Juri Karpenko, directeur général adjoint de NCRC, le groupe en charge du management. Et de poursuivre : « Notre objectif est de relancer l'économie locale en attirant 3 à 5 millions de touristes, du moins au début, en étant à la fois dans le tourisme de masse, familial et de luxe. » Selon lui, le projet pourrait créer jusqu'à 160.000 emplois indirects par l'embauche de main-d'oeuvre locale. Un pronostic qui laisse des experts sur place sceptiques compte tenu de la corruption endémique qui sévit au Daghestan. Sur les 15 milliards de dollars en jeu, l'État russe s'est engagé à hauteur de 2 milliards une somme qui devrait pour l'essentiel être allouée au développement des infrastructures (routes, aéroports, électricité, télécommunications, etc.) encore très déficientes. Pour le reste, Moscou compte sur le concours d'investisseurs privés, à hauteur de 10 milliards en gros pour l'investissement hôtelier - au total le projet porte sur 80.000 lits, hôtels, chalets et appartement compris -, et de 3 milliards pour l'équipement des stations (funiculaire notamment). Mais quels pourraient bien être ces investisseurs prêts à prendre des risques pour se lancer dans l'aventure ?Partenariat autrichienSelon la société NCRC, les Russes seraient déjà présents. Avec en tête le groupe métallurgiste TMK. Les investisseurs du Golfe auraient selon eux déjà marqué leur intérêt. Vice-président du Comité olympique russe, « le président du conseil d'administration de NCR, Akhmed Bilalov, est originaire du Daghestan et compte un important réseau dans le monde de la finance, notamment dans les pays du Golfe », assure Juri Karpenko. Des partenariats sont également déjà noués dans le domaine technique avec Doppelmayr-Garaventa, le spécialiste autrichien des transports par câbles, ou encore en cours de négociation avec notamment les français Poma et York Neige. Selon le plan de NCRC, le projet devrait être finalisé en 2020. Mais le site d'Arkhys, qui se situe dans une région plus calme s'achèvera en 2012 et sera donc un premier test pour la société. « Des vols directs en provenance d'Autriche existent déjà à destination de l'aéroport de Krasnodar mais le « hub » principal sera à Mineral ?Nye Vody, un aéroport utilisé qu'à 20 % de ses capacités ». poursuit Juri Karpenko. Là encore des investissements privés seront nécessaires.

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