Didier Migaud met la pression sur le gouvernement

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La fenêtre de tir est idéale. Les arbitrages pour le prochain budget ne sont pas tous finalisés et le débat d'orientation budgétaire aura lieu d'ici quelques jours. La Cour des comptes, avec son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, entend profiter de ce calendrier pour éclairer les décisions du gouvernement et du Parlement, espérant que certaines de ses recommandations seront retenues (lire ci-dessous). un ton dramatiqueLe message de Didier Migaud, premier président de la Cour, est clair. Sans une action immédiate et forte du gouvernement, l'objectif de ramener le déficit à 3 % du PIB en 2013 n'est pas assuré, ni la « soutenabilit頻 à moyen terme des finances publiques. Et l'ancien président socialiste de la commission des finances d'adopter un ton dramatique. « Si la gravité du mal dont nos finances publiques sont atteintes est de longue date chronique, ce mal a franchi un nouveau stade. Il y a donc urgence à prendre des mesures immédiates, sauf à hypothéquer notre indépendance et notre souveraineté [...] ». Avec une dette qui atteint aujourd'hui 1.500 milliards d'euros, un déficit public qui devrait grimper à 8 % du PIB cette année, tous les indicateurs sont au rouge. La Cour estime donc nécessaire un traitement « immédiat, continu et massif de nos déséquilibres financiers ». La potion du docteur Migaud, qui a pour objectif une réduction de 20 milliards d'euros par an du déficit structurel, porte à la fois sur la dépense (crédits d'intervention ou dépenses de personnel) et sur les recettes. La Cour estime « inévitable » une hausse ciblée des prélèvements obligatoires. Les sages de la rue Cambon jugent insuffisant l'effort de 6 milliards d'économies sur les niches fiscales d'ici à 2013. Face à ces critiques, Bercy, dans sa réponse figurant dans le rapport, précise qu'une nouvelle série de réformes sera annoncée prochainement par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques. Mais les proches de Christine Lagarde ajoutent « ne pas vouloir céder aux sirènes de l'austérité à tout crin ». Anne Eveno

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