La supervision supervisée par le groupe Larosière
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Rarement le lien entre le travail d'un groupe d'experts et une proposition législative de la Commission aura été aussi étroit : la supervision financière mise sur la table cette semaine par la Commission est le fruit des efforts des sept « Larosière Boys » qui ont planché l'hiver dernier à la demande du président de la Commission européenne. Rien d'opaque dans ce processus. Bien au contraire. José Manuel Barroso a communiqué autant qu'il a pu sur ce groupe de très haut niveau dont les éminents membres venaient de Goldman Sachs, de Lehman Brothers, de Citigroup, de Northern Rock ou de BNP Paribas? D'aucuns auraient toutefois préféré un panel moins directement connecté au monde bancaire. « Il est improbable qu'un tel groupe ouvre un quelconque débat sur des alternatives réelles à l'architecture financière actuelle », ont ainsi estimé les activistes des Amis de la Terre dans un rapport consacré au groupe Larosière. « La Commission a le devoir de défendre l'intérêt général. Elle aurait dû se donner la peine de chercher une expertise plus indépendante », ajoute Paul de Clerck, qui anime leur campagne sur le lobbying des entreprises et a fait de ces groupes un sujet d'investigation. En pratique, la Commission jonglait depuis des années avec différents projets de réforme qu'elle n'osait pas mettre sur la table, de peur d'être recalée par les ministres. Le groupe Larosière l'a en quelque sorte désinhibée.
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