Pourquoi les programmes d'armement français coûtent plus cher que prévu

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Pourquoi la plupart des grands programmes d'armement dérivent en France, tant en argent qu'en temps (même si c'est loin d'être une spécificité de l'industrie tricolore) ? C'est la question à laquelle s'attache à répondre, année après année, le Comité des prix de revient des fabrications d'armement (CPRA), un organisme de contrôle du ministère de la Défense, en s'appuyant sur des cas précis, en l'occurrence des programmes qu'il a passés au peigne fin. Dans le rapport 2010 que révèle « La Tribune », le CPRA continue ce travail de fonds en examinant trois grands programmes de missile, qui illustrent parfaitement les difficultés des industriels à tenir leurs engagements contractuels (voir ci-dessous), et les programmes d'urgence opérationnelle (PUO), destinés aux troupes engagées sur des théâtres d'opération, en particulier en Afghanistan, où les combats font de des victimes.Dans son analyse des coûts, le CPRA pointe du doigt plusieurs facteurs récurrents qui perturbent le déroulement d'un programme : études initiales insuffisantes, étalement de la production dans le temps, insuffisance budgétaire à un moment donné ou réduction des cibles. « Si une diminution du coût des programmes des programmes est à rechercher, c'est sur ces éléments qu'il convient d'agir autant que sur la détermination du juste prix », explique le CPRA. Sauf qu'en période de disette budgétaire - c'est le cas actuellement dans tous les pays -, il est plus facile d'étaler un programme et/ou de réduire le nombre d'exemplaires d'un équipement plutôt que de l'arrêter. Sur le court terme, c'est bien sûr profitable aux finances publiques mais sur le long terme, cela peut coûter plus cher aux contribuables. Notamment en maintien en condition opérationnelle (réparation, support) des matériels qui arrivent à bout de souffle. Dans son rapport de 2004, il soulignait que l'armée de Terre, dans l'attente de l'arrivée en service de l'hélicoptère de transport NH90, avait dû rénover ses Puma et Cougar MK1 pour un coût évalué à 230 millions d'euros.À cela s'ajoutent les défaillances de la coopération internationale dans certains programmes. L'avion de transport militaire Airbus A400M en est typiquement l'exemple le plus emblématique de ces dernières années. Le CPRA épingle aussi dans sa dernière édition le système de défense anti-aérienne (PAAMS) réalisé à trois (France, Italie et Grande-Bretagne) en dépit du bon sens.

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