Les dessous des grandes manoeuvres dans l'état-major de PPR

La manoeuvre est curieuse. PPR, qui, voilà un an, a officiellement déclaré vouloir vendre la Fnac, vient de nommer un nouveau PDG à la tête de son enseigne de produits culturels et électroniques. À partir du 1er janvier 2011, cette filiale sera présidée par Alexandre Bompard, jusqu'ici PDG d'Europe 1. Cet énarque piqué de médias remplacera Christophe Cuvillier en fonction depuis mars 2010 : lui quittera les quais d'Ivry-sur-Seine, siège de la Fnac, pour rejoindre l'avenue Hoche à Paris, siège de PPR où François-Henri Pinault, copain d'HEC, lui a réservé « de nouvelles responsabilités », sans en préciser davantage. Ensemble, ils parleront stratégie.Le transfert de Christophe Cuvillier au siège serait la motivation première de François-Henri Pinault. Car l'homme va avoir fort à faire. Depuis un an, la stratégie de PPR tient du jeu de taquin. François-Henri Pinault veut acheter une nouvelle marque de mode, « lifestyle » de préférence. Il la logera dans un pôle « Sport & Lifestyle » né en octobre et présidé par Jochen Zeitz, PDG de Puma, filiale à 71 %. Ce dernier laissera prochainement ses fonctions, probablement à un membre de son directoire. Le nouvel ensemble devra égaler les performances de Gucci Group, qui assure 48,3 % du résultat opérationnel de PPR.Exit donc Conforama, numéro deux de l'ameublement en France, Redcats, sa filiale de vente par correspondance, et Fnac. PPR, qui en a dégagé 64 % de ses 16,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 29 % de son résultat opérationnel en 2009, vend ces trois enseignes. « Sans les brader », martèle le groupe. Il espère obtenir au moins 1,5 milliard d'euros de Conforama. Permira est sur les rangs, selon nos informations (voir « La Tribune » du 15 novembre). Le fonds britannique a établi des contacts avec Goldman Sachs et Colony Capital, actionnaires de But, pour reprendre ensemble l'enseigne.Quid de Redcats et de la Fnac ? La nomination d'Alexandre Bompard à la tête de l'enseigne remettrait-elle en cause sa mise en vente ? Non, manifestement. PPR attendrait d'avoir publié ses résultats en février 2011 pour vanter la croissance rentable de la Fnac, puis la vendre sur une valorisation 2010 plus flatteuse que celle de 2009. Sous la houlette de Christophe Cuvillier, et après un plan de suppressions de postes mené en 2009 sans licenciement, la Fnac a redressé la barre. Sa marge opérationnelle s'est améliorée de 0,1 point à 2 %, au premier semestre 2010. Alexandre Bompard devra oeuvrer encore à la tâche. L'homme n'a aucune expérience dans la gestion d'une grande entreprise, ni dans le secteur de la distribution. Mais peu importe. Malgré la vente annoncée, François-Henri Pinault dit lui assigner une mission : développer. « Je suis convaincu que son talent, son expérience et sa créativité permettront à la Fnac de conforter, aussi bien en France qu'à l'international, sa place parmi les leaders de la révolution numérique », avance François-Henri Pinault.

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