Cette crise offre une opportunité historique selon les milieux européens

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« Je vois les choses sous leur bon jour », commentait jeudi Alain Lamassoure quelques heures avant l'ouverture d'un sommet crucial pour l'avenir de l'Union monétaire. « C'est une crise salutaire car elle permet, à partir de l'exemple d'un petit pays facile à sauver, de poser le problème de fond le plus important que l'on n'a pas posé au moment du traité de Maastricht, celui de la solidarité », ajoutait l'eurodéputé UMP. « C'est une très bonne chose que l'Europe passe ce test avec la Grèce, car c'est une question finalement facile à résoudre », expliquait une source européenne.Les milieux européens estiment qu'une chance historique s'offre aux dirigeants européens pour réparer les défauts de construction de l'Union monétaire. Le constat que cette union manque d'une assise politique suffisamment solide est largement partagé dans les milieux politiques et économiques depuis l'origine mais n'a jamais débouché sur des mesures efficaces de coordination ou de solidarité. « La fenêtre d'opportunité ouverte par la crise ne se représentera pas avant quinze ans », jugeait l'eurodéputé socialiste, Pervenche Berès. solidarité... oui, mais« Il ne faudrait surtout pas qu'on laisse sans réponse la proposition de Wolfgang Schäuble », a-t-elle déclaré. Le ministre fédéral allemand des Finances a mis sur la table en février une proposition de Fonds monétaire européen (FME) visant à accumuler un fond de réserve et à resserrer la surveillance macroéconomique des pays participant à l'Union monétaire. L'élue socialiste s'est plusieurs fois prononcée en faveur d'une sorte de FME dans le passé et estime que la Commission a manqué de saisir sa chance jusqu'à présent. Alain Lamassoure penchait lui en faveur d'une sorte d'agence, esquissée récemment par Valéry Giscard d'Estaing. Cet organisme mutualiserait les émissions de dettes des pays de la zone, tout en collectant une sorte de surtaxe en intérêts sur les pays qui bénéficient le plus de cette garantie collective. « Il est évident que la solidarité doit jouer dans la zone euro. Mais cela ne peut marcher que si l'on s'assure que ceux qui payent au bout du compte sont les pays mal gérés », estime-t-il. Certains observateurs continuaient cependant de souligner hier l'imprévisibilité de la situation et les dégâts irréparables causés par les tergiversations des semaines passées. « Je crains que le défaut de paiement grec soit inévitable, à un moment donné », expliquait une source à la Commission. « L'indécision des dirigeants a totalement perturbé ce qui restait de résilient dans ce pays ». Une quinzaine de milliards d'euros de dépôts aurait déjà été retirés des banques grecques et placés ailleurs en Europe, explique un expatrié grec qui vient d'ouvrir plusieurs comptes pour des proches dans la capitale européenne. Florence Autret, à Bruxelle

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