Israël veut éviter une "intifada économique"

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En Palestine, la tension ne cesse de monter. Le mécontentement social a poussé ces dernières semaines des milliers de Palestiniens dans les rues de Cisjordanie. Un mot d\'ordre de grève générale contre la vie chère a été lancé pour mercredi. La vague de mécontentement est telle que les responsables israéliens redoutent une déstabilisation de l\'Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas susceptible de dégénérer en une reprise des violences anti-israéliennes.Israël tente de soutenir l\'économie palestinienneRésultat : le gouvernement de Benjamin Netanyahu rembourse désormais en temps et en heure la TVA et les droits de douanes prélevés sur les produits importés par les Palestiniens qui transitent par les ports israéliens. Ces recettes fiscales sont vitales pour un budget palestinien, grevé par un déficit de 1,1 milliard de dollars sur un total de 4 milliards en raison de la baisse de l\'aide internationale. Israël a également augmenté de 5.000 le nombre de permis de travail pour les Palestiniens. Désormais 48.000 ouvriers de Cisjordanie sont employés dans le bâtiment et l\'agriculture, tandis que 26.000 Palestiniens travaillent dans les colonies israéliennes de Cisjordanie. Trente mille autres Palestiniens sont employés au noir en Israël. Détail important; ces travailleurs qui font vivre des centaines de milliers de leurs proches, touchent en moyenne deux fois plus du côté israélien qu\'en Cisjordanie.Blocus de Gaza allégéL\'armée israélienne a également levé une partie des centaines de postes de contrôle sur les routes qui transforment tout déplacement des biens et des personnes en parcours du combattant. Les autorités israéliennesont aussi allégé le blocus imposé à la bande de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas les grands rivaux de Mahmoud Abbas. L\'Etat hébreu permet désormais le transfert de 25 millions de dollars par mois de Cisjordanie vers la bande de Gaza pour régler régulièrement la paye de dizaines de milliers de fonctionnaires.Cri d\'alarme de la banque mondialeToute la question est de savoir si ces mesures seront suffisantes. Rien n\'est moins évident. La Banque mondiale dans un rapport publié la semaine dernière a lancé un cri d\'alarme sur la gravité de la crise financière palestinienne et lancé un appel pressant aux pays arabes producteurs de pétrole pour qu\'ils versent d\'urgence l\'aide qu\'ils ont promise. L\'Union Européenne a fait un geste en débloquant ce mois-ci 200 millions d\'Euros pour des projets d\'infrastructures en Cisjordanie. Mais l\'augmentation de l\'assistance internationale ne constitue pas une panacée. Pour la Banque Mondiale, Israël, qui contrôle 60% de la superficie de la Cisjordanie, doit faire beaucoup plus pour lever les restrictions à la liberté de circulation et d\'entreprise pour espérer voir le secteur privé palestinien investir et assurer ainsi une « croissance durable » et non pas se contenter d\'une économie d\'assistance.

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