Faut-il croire Bernard Arnault ?

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cite>LVMH se pose en « actionnaire de long terme d'Hermès » et dit vouloir « contribuer à la préservation [de son] caractère familial et français ». « Il assure être bien intentionné », résume un analyste. S'y tiendra-t-il ? « Je ne peux le croire. Il n'a pas investi 1,45 milliard d'euros et monté cette ingénierie financière hors normes pour regarder les trains passer ! » juge un ancien dirigeant de Carrefour. Car Bernard Arnault s'est forgé une solide réputation de prédateur financier. D'abord en 1987, lors de la prise de contrôle de LVMH via des bons de souscription : il profite alors de la zizanie entre Alain Chevalier (Moët Hennessy) et Henry Racamier (Louis Vuitton) pour s'imposer. En mars 2007, c'est au capital de Carrefour qu'il fait son entrée, de concert avec Colony Capital. Dix jours plus tard, Blue Capital, leur véhicule d'investissement, exige de siéger au conseil. Il assure soutenir le management et la gouvernance du groupe, dont une structure à conseil de surveillance. Un an après, le pacte d'actionnaires de la famille Halley, actionnaire principal, vole en éclats. Blue Capital devient actionnaire de référence et impose une structure à conseil d'administration. Bernard Arnault y entre. Fin 2008, José Luis Duran est débarqué et remplacé par Lars Olofsson.Chez Hermès, LVMH précise « qu'il n'envisage nullement de solliciter de représentation au conseil ». Et assure apporter « un soutien sans réserve à la stratégie menée ». Il lui sera difficile de rester à l'écart. Au contraire de la distribution, le métier d'Hermès n'a pas de secret pour lui. Le profil artisanal du maroquinier est un complément idéal pour le champion du luxe industriel. « Et, vu son aura personnelle, Bernard Arnault peut être influent chez Hermès sans avoir à siéger au conseil », estime un ancien proche. Juliette Garnie

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