Une renaissance sur le terroir de Limoux

Lorsque Philippine de Rothschild achète le domaine de Lambert en 1998, elle découvre une propriété de 47  hectares plantés en vignes qui a certes un beau potentiel mais qui a besoin d'importants investissements. Elle est située sur la commune de Saint-Polycarpe, à quelques kilomètres de Limoux, et englobe trois des quatre terroirs de l'appellation : Autan (chaud et humide, sur les coteaux de Limoux), Haute-Vallée (le plus frais) et Méditerranéen (chaud et sec). Seul lui manque le terroir Océanique.Les travaux dureront cinq ans. « Nous avons dû sélectionner les bons porte-greffes, explique Vincent Montigaud, le directeur général du domaine. Sur une dizaine d'hectares, nous avons porté la densité à 7.500 pieds par hectare et à 4.600 pieds sur le reste de la propriété. » La moyenne de la région est moins importante, de l'ordre de 3.000 pieds par hectare. Or plus la densité est importante, plus la vigne doit lutter pour assurer son existence. Ce qui est une garantie de qualité. D'une altitude comprise entre 250 et 300 mètres, le vignoble est planté sur des terrains argilo-calcaire, avec des graves sur quelques terrains. On y trouve 70 % de cépages atlantiques (50 % merlot, 10 % carbernet sauvignon, 10 % cabernet franc) et 30 % de cépages méditerranéens (grenache, malbec et syrah à parts égales).Arômes complexesPendant les travaux, la société Baron Philippe de Rothschild passe un accord avec la talentueuse coopérative Sieur d'Arques qui lui fournit des raisins rouges de qualité. Vinifiés par les ?nologues maison, ils donneront une cuvée, Baron'Arques, nom formé avec les raisons sociales des deux partenaires. Le vin plaît et frappe l'esprit des consommateurs. Tant et si bien que la marque est conservée et que le domaine de Lambert disparaît pour céder la place au domaine de Baron'Arques. Le millésime 2003 est véritablement le premier du domaine. On s'en souvient, c'était une année de canicule. C'est aussi le millésime qui reçoit l'appellation AOC Limoux rouge. Pour l'obtenir, il faut au moins que 50 % de l'assemblage soit du merlot. À la dégustation, ce millésime est étonnamment frais avec une palette aromatique complexe qui évolue avec l'aération. S'il est très typé vin du Sud, il possède une structure aristocratique. Le travail sur les parcelles, les différentes maturités des raisins et les conditions climatiques font que l'assemblage n'est jamais le même. En 2005, ni le grenache ni le syrah n'ont été retenus. En 2006, l'impasse a été faite sur le grenache. Comprenez que Baron'Arques n'est jamais le même et que c'est déjà un bonheur de le découvrir au fil de sa courte existence. Elle promet d'être longue. Vincent Montigaud a encore d'autres projets. Bientôt, une plantation de chardonnay viendra compléter le domaine. n Retrouvez les commentaires de dégustation de Vincent Montigaud sur latribune.fr v

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