Des industriels « vertueux » pénalisés

Les industries soumises aux quotas d'émissions de CO2 n'ont pas toutes réalisé les investissements nécessaires afin d'abaisser leur niveau de pollution. Mais celles qui l'ont fait, qualifiées de « vertueuses » par les pouvoirs publics, peuvent être aujourd'hui confrontées à un dilemme très sérieux : comment continuer d'abaisser leurs émissions alors que les technologies qui le leur permettraient ne sont aujourd'hui qu'au stade de l'expérimentation dans les laboratoires ? « Nous avons dépensé plusieurs centaines de millions d'euros dans la modernisation de nos process industriels. Certaines de nos usines sont aujourd'hui à la pointe de la technologie et fonctionnent avec les procédés, les installations et les machines les plus perfomantes en termes d'efficacité énergétique donc de réduction des émissions de gaz à effet de serre », explique ce cadre supérieur d'un grand cimentier européen qui exige l'anonymat. « Nous ne sommes pas des pollueurs invétérés, poursuit-il, mais, si la réglementation sur les quotas d'émissions auxquels nous sommes soumis depuis 2005 continue de se renforcer, la conséquence sera incontournable : nous irons voir ailleurs. »double peineCertes, ces entreprises ont pour recours d'acheter des quotas sur le marché, dont c'est le principe initial. Mais elles vivent alors ces achats comme une double peine : bien que vertueuses, elles sont néanmoins contraintes d'acheter des tonnes de CO2 sur le marché. R. J.

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