La relance de l'activité demeure la priorité des électeurs, malmenés par la crise

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Les électeurs n'auront pas attendu la publication, ce vendredi, de la croissance du PIB américain pour se forger une idée du paysage économique de leur pays : la situation n'est guère brillante, ils le savent et s'en inquiètent. L'activité devrait avoir progressé de 2 % au troisième trimestre, contre 1,7 % au deuxième (et 3,7 % au premier), mais la reprise demeure trop faible pour venir à bout du fléau numéro un du pays : le chômage. Près de 15 millions de personnes aujourd'hui sont sans emploi aux États-Unis. Plus de 8 millions de postes ont été détruits par la crise. Il faudrait, de l'avis des experts, près de 350.000 créations d'emplois par mois pour espérer retrouver le taux de chômage de 2007 (4,6 %) dans un laps de temps raisonnable. Or pour l'heure, le taux de chômage reste figé à 9,6 % car la moyenne mensuelle des créations d'emplois ne dépasse pas les 90.000 postes depuis le début de cette année. À ce rythme, deux années pourraient être nécessaires pour résorber les cohortes de chômeurs. Une amélioration qui coïnciderait avec la prochaine campagne électorale, pour la présidentielle, cette fois.100 % responsableMais deux ans sont une éternité en politique. Barack Obama l'a d'ailleurs appris à ses dépens. Lui qui rejetait, au tout début de son mandat, la responsabilité de la crise sur son prédécesseur, George W. Bush le républicain, ne peut plus se servir de cette excuse auprès des électeurs. Après deux ans et un plan de relance de 787 milliards de dollars, la crise relève, les électeurs en sont convaincus, de sa responsabilité. Une crise qui prend des formes diverses : pour les uns, c'est la perte d'un emploi, pour d'autres, celle de leur logement, du fait d'une saisie pour cause de non-remboursement d'un prêt, pour d'autres encore, la perspective d'une retraite précaire, leurs économies ayant fondu comme neige au soleil avec la débâcle boursière du début de crise. Face à tant d'incertitudes, les électeurs américains réclament des réponses. Mais faut-il lancer, comme certains économistes le préconisent, un deuxième plan de relance ? Le bilan du premier est contesté. S'il a évité le pire, selon l'administration Obama, il est loin d'avoir franchement ranimé l'activité. Dans ces conditions, faut-il baisser les impôts, pour offrir des revenus supplémentaires aux ménages qui, en dépensant, relanceraient l'économie et les créations d'emplois ? Ou, au contraire, les relever pour tenter d'éponger une partie de l'énorme déficit (1.300 milliards de dollars) et préserver la capacité d'emprunt de l'Amérique ? Comment s'y retrouver ? Les électeurs voteront également mardi en fonction de la stratégie qui leur paraît la plus sûre pour terrasser le mal. L. J. B.

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