Les grands projets des instituts hospitalo-universitaires

Ils ne seront que cinq élus, au mieux six. Mais une cinquantaine de prétendants se pressent déjà. La publication de l'appel à projets du grand emprunt sur les instituts hospitalo-universitaires (IHU), prévue la première quinzaine de juillet, a mis le monde hospitalo-universitaire en ébullition. Même si le montage financier retenu minimise l'enveloppe annoncée : 80 % des 850 millions d'euros prévus par les « investissements d'avenir » seront non consommables et placées sur un compte du Trésor, les intérêts produits devant assurer le fonctionnement des projets. « Les sommes mobilisables restent importantes et ce montage a l'avantage de ne pas aggraver l'endettement de la France », approuve Axel Khan, président de l'université Paris V-Descartes, dont le projet, porté par le professeur Alain Fisher, associe l'hôpital Necker-Enfants malades et la fondation Imagine sur les thèmes de la génétique et de la biothérapie.L'appel à projet suivra « complètement » les recommandations du rapport sur les IHU qu'a remis en avril dernier le professeur Jacques Marescaux (lire « La Tribune » du 7 avril 2010), selon plusieurs sources. Pour la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, il s'agit de faire des IHU les « fleurons de la recherche biomédicale » devant réunir « en un lieu unique, la triple fonction de soins, de recherche et de formation » en valorisant mieux la recherche clinique, notamment en termes industriels.Un avis partagé par la communauté scientifique. « Il y a une occasion unique même si, in fine, le financement n'est pas extraordinaire », juge le professeur Jean-Paul Soulillou, qui porte le projet du CHU et de l'université de Nantes axé sur les sciences de la transplantation et l'immunothérapie, qui fédère plus de 1.000 personnes, dont 240 chercheurs. Pour Yvon Berland, président de l'université de Méditerranée, qui va déposer un dossier consacré aux maladies infectieuses en association avec le CHU de Marseille, la notion d'IHU est utile en ce qu'elle a « la vertu de restructurer les pôles hospitalo-universitaires avec l'ambition d'améliorer la collaboration avec les laboratoires et la valorisation ». En ce sens, avance Jacques Marescaux (lire encadré), les IHU sont « emblématiques d'un changement complet de culture académique et forment la structure qui assure le meilleur retour sur investissement ».un jury internationalReste que cinq IHU, c'est bien peu, de l'avis général. « Nous risquons de passer à côté de talents. Il eût mieux valu identifier les 25 meilleurs centres thématiques », risque Jean-Paul Soulillou. Mais plusieurs voix saluent la volonté de ne pas réitérer l'erreur des pôles de compétitivité et d'éviter ainsi « l'émiettement ». Les candidats devront remettre leur dossier en novembre 2010. Une dizaine seront sélectionnés par un jury international, après quoi il reviendra au commissariat général à l'investissement de choisir les cinq élus.

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