Paris et Pékin appuient leur coopération dans le nucléaire civil

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Près de trois semaines après l'accident à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, les présidents français et chinois ont réaffirmé conjointement mercredi soir leur attachement à cette énergie. Lors de leur dîner au Grand Palais du Peuple à Pékin, Nicolas Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao ont certes évoqué « les leçons qu'il fallait ensemble tirer de la catastrophe de Fukushima ». Mais leur position est de préserver leurs filières nucléaires civiles respectives, alors que le ministère chinois de l'Environnement faisait officiellement état, à la veille de leur rencontre, de traces de « radiation atmosphérique » détectées dans plusieurs régions de Chine, de Pékin à Shanghai en passant par la région du Hebei. « Nous pensons que ce qui s'est passé à Fukushima n'invalide pas le nucléaire civil et les projets franco-chinois ont donc vocation à se poursuivre », indique-t-on dans l'entourage du président français.Deux réacteurs EPR d'Areva sont en construction dans le sud de la Chine. Et la société française espère signer un protocole d'accord pour deux EPR supplémentaires, au coût unitaire de 5 milliards d'euros, à bâtir à Taishan dans le sud du pays. Toutefois, Pékin a suspendu pour le moment toute approbation de nouvelles centrales. Mercredi, Nicolas Sarkozy et Hu Jintao ont dû en reparler. Paris espère aussi avancer sur le dossier de la construction d'une usine de retraitement de déchets nucléaires en Chine dont le contrat est évalué à environ de 12 milliards d'euros. Si ces deux dossiers ont été brièvement évoqués, les discussions ont surtout porté sur le développement d'une centrale nucléaire franco-chinoise, qui avait déjà été annoncée par l'Elysée lors du Conseil de politique nucléaire fin janvier. Ce réacteur de moyenne puissance (1.000 mégawatts) doit associer l'électricien chinois CGNPC et EDF. Les industriels français n'ont toutefois pas directement discuté mercredi de ce sujet avec les parties chinoises : aucun chef d'entreprise n'accompagnait le président français, son passage à Pékin étant une visite de travail avant d'ouvrir ce jeudi le séminaire international de la présidence française du G20 à Nankin (est de la Chine) sur les système monétaire international (voir ci-dessus). Inquiétudes sur la LibyeSur la Libye, en revanche, les discussions ont été moins consensuelles. Hu Jintao, cité par la télévision CCTV, a fait part à Nicolas Sarkozy de ses inquiétudes. « Si les actions militaires sont désastreuses pour les civils innocents et aggravent la crise humanitaire, cela pourrait violer l'esprit originel de la résolution » votée au conseil de sécurité de l'ONU, sur laquelle la Chine s'était d'ailleurs abstenue. La presse chinoise, elle, se déchaîne contre cette intervention. Pékin a déjà réclamé un cessez-le feu la semaine dernière.Virginie Mangin, à Pékin, et F. P. W.

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