Le nouveau défi des banques centrales

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Il n'est pas encore question de stratégie de sortie de crise, mais les grandes banques centrales préparent le terrain du retour à la normale. Aux États-Unis, la bonne surprise de la croissance au troisième trimestre annoncée jeudi a coïncidé avec la fin du programme de rachat d'emprunts d'État par la Réserve fédérale. Au moment où l'Amérique émerge de douze mois de déprime économique, sa banque centrale se retire du marché de la dette publique. Elle y opérait depuis mars pour maintenir les taux d'intérêt au niveau le plus bas possible afin de soutenir l'activité. Mission apparemment remplie. Dans la foulée, la Banque d'Angleterre a annoncé qu'elle avait, elle aussi, achevé son programme de rachat d'emprunts d'État et la Banque du Japon a détaillé hier le calendrier de son retrait des marchés, qui « se sont pour l'essentiel remis du choc de la crise financière ». Si elles n'en sont pas encore à copier leurs cousines d'Australie et de Norvège, qui viennent de relever leur taux directeur, les banques centrales occidentales et japonaise laissent progressivement s'éteindre les aides exceptionnelles mises en place l'hiver dernier pour sauver le monde de la déroute. Maintenant que le pire est passé, les gardiennes de la stabilité monétaire doivent se frayer un étroit chemin entre le marteau ? tuer la reprise en normalisant trop vite leur politique monétaire ?, et l'enclume ? alimenter une nouvelle bulle en restant généreuses trop longtemps. Que le géant IBM ose distribuer 9 milliards de dollars de trésorerie à ses actionnaires prouve qu'il n'a plus peur de manquer de cash. À juste titre, puisque la Fed a inondé l'Amérique de dollars bon marché. Certes, la crise est loin d'être finie et tout le monde ne s'appelle pas IBM. Les petites entreprises peinent toujours à se financer, le Japon traîne sa déflation et la Bank of England pourrait bien rallonger son programme de rachat de dette pour donner un coup de pouce supplémentaire à son économie. Mais les mémoires, même courtes, n'ont pas oublié que la tourmente est venue d'une confiance aveugle dans les bienfaits d'une politique monétaire trop accommodante. mmotte@latribune.fr muriel motte

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