ENTRETIEN — Amos Gita, cinéaste israélien prolifique et infatigable militant pour la paix, revisite le mythe du Golem dans son nouveau spectacle.Il faut descendre profondément sous terre, cheminer par de longs couloirs pour soudain déboucher dans une vaste salle, murs et sol noirs, atmosphère de fièvre diffuse et de concentration. C'est la salle Copi de la Colline, à deux pas de la place Gambetta, à Paris. C'est là qu'ont eu lieu les premières semaines de répétition du nouveau spectacle d'Amos Gitaï, Golem. Le plateau de la grande salle était occupé par les représentations d'Elizabeth Costello, travail de Krzysztof Warlikowski d'après plusieurs ouvrages de son écrivain de référence, John Maxwell Coetzee. Dernière en triomphe, dimanche dernier.
Le groupe d'artistes réunis par l'infatigable Amos Gitaï a pu rejoindre l'impressionnant grand plateau du Théâtre national. Beaucoup d'entre eux le connaissent bien pour y avoir joué, il y a presque deux ans, House... d'Amos Gitaï, reprise au théâtre d'un argument qui fut, en 1980, son premier film - travail alors censuré, d'ailleurs - et qui a nourri depuis d'autres longs-métrages.
Architecte de formation, comme le fut son père, Amos Gitaï le dit : « J'aime jeter des ponts. » Parler de la guerre lui fait monter les larmes aux yeux, lui qui prit sa caméra super-huit pour filmer, en 1973, celle du Kippour. Guerre au cours de laquelle il fut blessé, l'hélicoptère dans lequel le jeune appelé se trouvait étant touché par des tirs syriens. Il avait 22, 23 ans.
Depuis, il n'a pas arrêté. Documentaires et films de fiction, pièces de théâtre, mises en scène lyriques, installations plastiques partout à travers le monde, publications, conférences, cours au Collège de France. Pluriel, il nous éclaire sur cette nouvelle création, Golem.