Chronique de François Simon : Cadoret, cadeau du ciel
François Simon
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Rarement ressenti une telle ferveur gourmande... Pour connaître cette adresse, il vous faudra rejoindre les bas-fonds de cette colonne... Nous sommes dans le Haut Belleville, Upper Belleville si vous préférez parler pointu. Qu'importe au demeurant car, dès 8h30, ce restaurant posté dans le delta de rues montantes attaque au croissant-jambon-beurre dans un décor de solide zinc, mosaïque au sol, moulures au plafond, miroirs de partout.
Mais c'est à l'heure du déjeuner que le lieu fait des étincelles. Ce samedi, décrocher une table au petit matin tenait du miracle. Car dès midi trente, la salle bourdonnait, comme impatiente. La clientèle est un mélange de délurés de l'appétit : tablée de bûcherons néo-urbains, post-ados trendy, familles décomposées, additionnés de quelques fêlés de la fourchette, des cabossés du couteau. Dans l'assiette, tout est dit. Le propos est d'une clarté biblique : terrine de pommes de terre, crème crue, haddock, oseille ; araignée de mer, sauce cocktail, sucrine ; os à moelle, huile pimentée, salade d'herbes, pickles ; poulet fermier rôti, sabayon au savagnin, navets, carottes, épinards ; merlu beurre blanc ; œufs de truite, topinambours frits, champignons, radicchio. Toujours garder une place pour le dessert : profiteroles glace café à rouler jusqu'au bas de la butte, tartelette bourdaloue crème montée vanille.
À la tête de ce restaurant, Louis-Marie Fleuriot (au tire-bouchon) et, en cuisine ouverte sur la salle, sa sœur, Léa, entourée d'une armée de juniors trépidants. Les chicaneurs - qui sommeillent en tous - trouveront que le service est quelque peu débordé (clairement, il manque une personne), il s'agit donc d'être hyper souriant et positif (le monde à l'envers). Enfin, voici l'adresse.
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Le Cadoret, 1, rue Pradier (Paris 19e). Tél. : 01 53 21 92 13.
Fermé le dimanche et le lundi. Menus en semaine à 24 euros ; à la carte, 40 euros.
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