Chronique de François Simon : Végan au bord de la bourgeoisie
Par François Simon
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Plat du Faubourg Daimant, 20, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris (10e).
© Léo Kharfan
Par François Simon
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Plat du Faubourg Daimant, 20, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris (10e).
© Léo Kharfan
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Sabah Abouessalam-Morin : « À Edgar Morin, l’homme de ma vie »
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
À lire également
Jusqu'alors, la cuisine végétarienne appartenait à cette étrange contrée punitive où l'on se sustentait les paupières baissées, l'âme en pénitence, le corps enfoui sous des lainages. C'était un peu la cantine d'une bibliothèque d'Allemagne de l'Est. Même les mouches ne venaient pas y voler tant elles s'y seraient ennuyées. Depuis lors, le genre a fort heureusement progressé. Certes il existe toujours ces restaurants retenus où l'on sert des plats maigrichons, mais il y a là la complicité courageuse des prisonniers d'eux-mêmes gardant l'espoir de sortir vivants de cette geôle bien-pensante. Chaque année, on avance d'un pas. Enfin, on a compris que manger sain pouvait être joyeux, qu'il n'était plus nécessaire de manger de la barbaque pour être dans le politiquement correct. Se lever de table sans être pris de vertige sera peut-être le lot des générations futures. En attendant, comme jonquilles au printemps apparaissent des adresses épatantes comme Faubourg Daimant, lancé par Alice Tuyet et son chef Erwan Crier. Cette fois-ci, le langage végan a capté qu'il ne fallait pas restreindre son horizon. Comme le discours de la bourgeoise (ou des bobos, c'est tout comme), il y a là réponse à tout. La cuisine sait faire des clins d'œil, de l'autodérision (croquettes « cochonnes », carottes laquées sur une ricotta d'amande, chou-fleur rôti-laqué façon vietnamienne, grand carpaccio de tomates...). Non seulement c'est bon, réjouissant pour l'estomac, espiègle, mais il y a là une ponctuation contemporaine : le sourire du service (enfin presque, ce n'est pas demain la veille), du gras, du crémeux, de l'onctueux, de la dentale, de la déco, et même des petits plats dans les grands plats (saucières et cassolettes en cuivre). Et bien sûr, pour verrouiller le tout, desserts régressifs comme cette crème au chocolat façon Danette nous ficelant dans l'approbation.
Faubourg Daimant, 20, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris (10e). 40 euros. Tél. : 07 88 09 73 48.
Par François Simon
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche