DANS CE GENRE-LÀ (1/6) - Livre : le furyo, cantique de la racaille japonaise
Anne-Laure Walter
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Planche extraite de « Nine Peaks », de Tetsuhiro Hirakawa.
© LTD / Tetsuhiro Hirakawa (AKITASHOTEN) 2022
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Planche extraite de « Nine Peaks », de Tetsuhiro Hirakawa.
© LTD / Tetsuhiro Hirakawa (AKITASHOTEN) 2022
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Gaku, le lycéen héros du manga Nine Peaks, a les cheveux décolorés. Une masse capillaire fournie, grise et bouclée. Et ce détail est loin d'être une anodine remarque d'influenceuse mode. Sa coiffure, tout comme son uniforme trop grand avec une cravate portée lâche sur une chemise déboutonnée en haut, constitue un marqueur pour les lecteurs de BD nipponne : celui d'un genre, le furyo, qui signifie littéralement « délinquant » en japonais. En effet, se teindre les cheveux est interdit dans la plupart des établissements scolaires, qui imposent un port strict de l'uniforme de la tête aux pieds, des cheveux noirs aux lacets blancs. Gaku trouve ainsi dans son apparence un moyen de se rebeller tout en restant un minimum dans le cadre.
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En se saisissant du premier volume de Nine Peaks (pour les profanes : nous commençons par la dernière page et lisons de droite à gauche !), nous pénétrons donc dans l'univers du furyo, avec pour guide Tetsuhiro Hirokawa, un spécialiste du genre, qui est invité cet été en France au plus gros festival européen consacré à la culture nipponne, la Japan Expo*. Dans ce seinen (manga qui cible les jeunes adultes), un lycéen bagarreur qui multiplie les exclusions au grand dam de ses proches voit sa vie basculer à la mort de son père. Une foule se présente à l'enterrement de ce dernier, que l'ado en rébellion prenait pour un simple restaurateur. Une chute dans un lac va le faire voyager dans le temps et rencontrer ce père, Harumi, vingt-deux ans auparavant, quand celui-ci était lui-même lycéen. Gaku va découvrir un garçon qui lui ressemble, « une vraie racaille qui n'hésitait pas à laisser parler ses poings », mentionne-t-il.
Anne-Laure Walter
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