Avec deux expositions qui lui sont consacrées, une pièce de théâtre qui lui est dédiée et la sortie prochaine d’un biopic avec Kate Winslet dans le rôle-titre, Lee Miller est plus que jamais célébrée en France. Un bel hommage pour une artiste et photoreporter hors du commun.
Valérie Abrial
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David E. Scherman, Lee Miller et des enfants à Saint-Malo, août 1944
Fascinante. Voilà le premier mot qui surgit à l'évocation de Lee Miller. Fascinante parce que sa vie tout entière fut empreinte de choix inattendus. Très jeune, alors qu'elle est mannequin pour Vogue US, la belle aux sages allures cache une personnalité indomptable qui cherche à s'extraire des normes. Pas question pour elle de rester un objet sur papier glacé. À force de ténacité, elle réussit à passer derrière l'objectif et devient elle-même photographe de mode. On est dans l'Amérique des années 1920, Elisabeth devient Lee, prénom épicène grâce auquel elle peut exister dans l'univers très masculin de la photographie.
Plus tard, à Paris, elle travaille avec Man Ray dont on dit souvent qu'elle fut la muse... Peut-être. Mais c'est bel et bien ensemble qu'ils créent le phénomène de solarisation qui fit le succès des œuvres de Man Ray. Épisode d'une vie superbement évoqué dans la pièce de théâtre de Benoit Pernin Détachée mais pas indifférente parue ce printemps aux éditions Maïa (lire l'encadré ci-dessous).
À son retour à New-York en 1932, elle monte son propre studio et connaît de nombreux succès éditoriaux dans la presse. Studio qu'elle finira par fermer lorsqu'elle épouse un riche d'homme d'affaires égyptien et part s'installer en Égypte. Elle poursuit néanmoins la photographie lors de ses nombreux voyages. C'est au cours de l'un deux qu'elle rencontre l'artiste surréaliste anglais Roland Penrose. Devenus amants, le couple traverse la France pour rejoindre Dora Maar, Pablo Picasso, Paul et Nusch Eluard à Mougins sur la Côte d'Azur. En chemin, ils s'arrêtent à Hauterives et découvre le Palais Idéal du Facteur Cheval où Lee Miller réalise une série de clichés.
Photo d'illustration (Crédits : Claire Tabouret et Lee Miller Archives)