Dans la famille Rousse, le cyclisme est une passion qui se transmet par atavisme. Avec un père qui pratique le vélo pendant plus de vingt ans et trois cousins, anciens coureurs professionnels, rien d'étonnant que Marion ait commencé à s'entraîner dès 6 ans au vélodrome de Roubaix. À chaque étape du Tour dans les Hauts-de-France, la petite fille se réveille dès potron-minet pour s'installer au bord de la route. Pour encourager le peloton et récupérer les bidons. Pour attendre les coureurs à l'arrivée dans l'espoir de remplir son carnet d'autographes. Et, pourquoi pas, rencontrer Tom Boonen, le cycliste belge qu'elle admire tant.
Double championne de France en 2012, elle met un terme à sa carrière trois ans plus tard à 24 ans. Une retraite prématurée, mais pour « de bonnes raisons ». Depuis dix ans, la compagne du coureur Julian Alaphilippe commente chaque course de vélo pour France Télévisions et occupe la place de présidente du Tour de France Femmes depuis 2021. À 32 ans, la petite reine de la pédale conserve la tête dans le guidon.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Avec des débuts dans le cyclisme de compétition à 6 ans, on est bien loin du cliché de la petite fille en tutu rose !
MARION ROUSSE - C'est vrai que je me sentais différente, mais ma passion n'a jamais été source de moquerie. Pendant les cours de sport, je m'entraînais avec les garçons et je courais plus vite qu'eux. Quant aux compétitions, j'étais la seule fille sur la ligne de départ et souvent la première arrivée !