Plongée dans les musées du Léman
Daniel Schick
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Casques- calebasses de Blick Bassy (musée d’Ethnographie de Genève).
© LTD / Saskia Maye
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Casques- calebasses de Blick Bassy (musée d’Ethnographie de Genève).
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La Suisse est un pays neutre, dit-on ; pas totalement. Le MEG, le musée d'Ethnographie de Genève, est loin de l'être. Ce jeune musée perturbe par les questions qu'il pose, qu'il se pose. Exposer des œuvres issues de pays colonisés, exploités, volés, sans le raconter, est-ce être fossoyeur de l'Histoire ? Rendre des œuvres, mais à quelles conditions ? Qui étaient les Suisses (Genevois) « honorables » qui ont déshonoré la condition humaine, participant directement ou indirectement au colonialisme, donc à l'esclavage, donc en étant racistes ? Ces questions articulent l'exposition qui célèbre les 10 ans de ce musée libre et courageux.
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Pourquoi une exposition consacrée à « Genève dans le monde colonial » alors que la confédération, née en 1291, n'a jamais été un empire, n'a jamais eu de colonies, comme c'est étrange. Sauf que, du XVIe au XIXe siècle, hommes d'a aires et banques ont (grandement) bénéficié de la traite négrière. Des banques suisses ont possédé jusqu'à un tiers des actions de la Compagnie des Indes, société française qui disposait d'un monopole dans le commerce d'esclaves en Afrique de l'Ouest. Des maisons de négoce suisses ont financé ou commercé avec des entreprises esclavagistes. Le si délicieux chocolat a rapporté gros grâce au commerce de la fève et de ceux qui la ramassaient. Nombre d'affairistes suisses et missionnaires ont rapporté des objets venus du monde entier. Ces derniers composent la collection du MEG.
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