Rentrée littéraire : les Juifs oubliés du Maroc dans « Tout le bruit du Guéliz »
Arnaud Cathrine
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Tout le bruit du Guéliz de Ruben Barrouk
© LTD / DR
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En mars 2022, Ruben Barrouk, jeune Français, et sa mère atterrissent au Maroc. Il fait gris, inhabituellement froid, c'est désarçonnant. De même que la raison de leur venue : la grand-mère de Barrouk affirme qu'un bruit entêtant s'est installé dans l'appartement du Guéliz, son quartier de Marrakech. Un bruit qui la met au supplice. Fille et petit-fils se doivent d'enquêter. Et l'auteur de constater d'entrée de jeu : « Il n'y avait aucun bruit. Nous l'aurions juré. Jamais le silence n'avait régné sur pareil empire de solitude. »
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Tout le bruit du Guéliz, c'est d'abord le portrait de cette grand-mère amaigrie qui flotte dans sa gandoura mais arbore son indéfectible chevelure blonde et une autorité de tous les instants. Qu'on ne craigne pas les effusions mièvres d'un petit-fils énamouré : Barrouk est aussi silencieux qu'un peintre sur le motif ; il s'attache à la scruter et surtout à l'écouter. Car l'écrivain en lui pressent qu'il ne débusquera l'origine du bruit mystérieux qu'en glissant son oreille à l'endroit précisément de ce qui ne parvient pas à se dire. De son côté, la grand-mère récuse l'hypothèse des acouphènes et s'entête : le « bruit » vient de l'extérieur. Alors soit, l'extérieur, allons voir ailleurs si le bruit y est. Pour le narrateur, c'est l'occasion de découvrir le Mellah, l'ancien quartier juif déserté depuis longtemps par la communauté. Rappelons que les Juifs du Maroc étaient plus de 200 000 jusqu'à ce que les tensions suscitées par les conflits israélo-arabes ne les incitent à fuir massivement vers Israël, la France, le Canada et les États-Unis.
Arnaud Cathrine
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