THÉÂTRE - Un énergumène, maigre comme un chat de gouttière mais très séduisant, une délicieuse toute jeune fille, une femme très aristocratique, un homme un peu plus âgé à l'accent italien. Au fond, concentrés, deux musiciens qui accompagnent la représentation. Applaudissez François Deblock, Cindy Almeida de Brito, Karyll Elgrichi, Federico Vanni, Clément Griffault aux claviers, Benoît Prisset aux percussions.
C'est tout ce qu'il faut à Jean Bellorini pour nous raconter l'Histoire d'un Cid. Une pirouette, cette mouture qui fait appel aux souvenirs de l'écolier qui palpite en chaque spectateur... Il y a dans la représentation, vive, enjouée, gamine, des moments où l'on s'adresse au public, qui déclame en chœur les répliques connues : « ô rage ! ô désespoir ! », « la valeur n'attend point le nombre des années », « va, je ne te hais point », « nous partîmes cinq cents... ». Avouons-le, il paraît qu'il y a aussi des citations de Victor Hugo et de Valère Novarina. Mais on n'a pas cherché à les repérer, pris que l'on est par le jeu débridé et les fantaisies inattendues : l'excellent François Deblock chante, très bien, très haut, l'un des tubes de Starmania !