Tendance : prêts pour danser la « cheu-cheu synchro » ?
Sylvie Barbier
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Vincent Piguet et ses chenillistes en quart de finale de « La France a un incroyable talent », en octobre.
Julien THEUIL/M6
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Vincent Piguet et ses chenillistes en quart de finale de « La France a un incroyable talent », en octobre.
Julien THEUIL/M6
À la vitre d'un immeuble en verre du quartier des Halles à Paris, il est une apparition faisant de grands signes sous les néons. Avec son débardeur jaune fluo, un short en nylon blanc, des guêtres vert pomme assorties au bandeau et aux poignets éponge (un clin d'œil à Véronique et Davina), on dirait le Joker de la dérision. D'emblée, on se dit que Vincent Piguet, alias la Pig, a une mission quotidienne : être la bonne humeur, l'humour au milieu des visages fermés.
On a rendez-vous à la Chenille School Academy, qu'il a créée : « Bienvenue ! Prends ta place dans la cheu-cheu ! » lance le quinqua à l'allure déliée. Et on se retrouve immergée fissa dans une queue leu leu de dix-sept disciples des deux sexes scandant « souple ! souple ! ferme ! » - c'est l'échauffement des mains qui doivent faire des tourniquets en l'air. Le moment n'est pas encore jubilatoire mais pourrait le devenir. La dernière fois qu'on a fait la chenille, c'était à un mariage, à contrecœur, entraînée par des fêtards, étonnée que cette ringardise ait survécu. Et nous voilà bientôt à hurler « C'eeeeeest la cheucheu synchro ! » trottinant à petits pas avec un déhanché décomplexé. « Sous-mariiiiin ! » ordonne ensuite la Pig, et tous de faire le périscope avec les bras. C'est une passe. Il y en aura d'autres.
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Nous sommes pile dans la tendance festive du moment. Dans le lâcher-prise de la culture populaire. La chenille se tortille aujourd'hui dans les cours de récréation, les discothèques et, au Québec, on manifeste même en faisant la chenille... Il y a belle lurette que Vincent Piguet s'est approprié ce « patrimoine national » en le faisant passer d'interlude de banquet à danse synchronisée. « J'ai été huit ans torréfacteur au Gabon, confie-t-il, puis j'ai dû trouver un boulot de retour en France avec mes trois enfants. Faire rire et rassembler, c'est ce que je sais faire, donc je suis devenu humoriste. » Pour un concours, il écrit le sketch Le Chenilliste, sur l'histoire d'une fictive Chenille School Academy située en Drôme-Ardèche, d'où il est originaire. Tout est parti de là. Il devient comédien de théâtre, humoriste, chroniqueur pour Rire & Chansons. « Après le Covid, poursuit-il, les gens avaient besoin de contact, de se toucher, de plaisirs simples ; alors, comme une thérapie, j'ai créé mon association de chenille. Je ne vous cache pas qu'au début j'étais un peu tout seul ! »
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