CHRONIQUE LE MONDE À L’ENDROIT — Le G20, auberge espagnole et self-service
François Clemenceau
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Les mots ont un sens. Le multilatéralisme est par définition la pratique qui permet à plusieurs - pour ne pas dire au plus grand nombre - de régler des questions communes ou centrales par la coopération. Cela fait presque quinze ans que le Conseil de sécurité des Nations unies ne remplit plus ce rôle dès lors qu'il s'agit de conflits dans lesquels sont impliqués ses membres permanents, qu'il s'agisse de la Chine à propos de Taïwan, de la Russie au sujet de l'Ukraine et de la Syrie, ou des États-Unis dès lors qu'Israël est concerné.
Et que dire des autres institutions internationales comme l'OMC, l'OMS, l'Unesco, où totalitarismes et démocraties, riches et pauvres, alliés et non-alignés ne parviennent plus à dépasser ces marqueurs pour produire du bien commun ?
« Les organisations internationales sont prisonnières de leurs créateurs, les États, qui les instrumentalisent et peuvent alors les paralyser selon leurs propres desseins, écrit le spécialiste de la diplomatie globale Frédéric Ramel, professeur à Sciences-Po, dans la dernière livraison de la revue Études. Elles se voient concurrencées par de nouveaux forums comme les One Planet Summits, l'Alliance solaire internationale, ou ceux déjà existants comme le G7 ou le G20 dont les périmètres se chevauchent et n'aboutissent pas à une cohérence d'ensemble. »
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Le G7, club des démocraties occidentales les plus riches, ne peut devenir un directoire de quoi que ce soit. Si tant est qu'il en ait eu l'ambition, le rapport des forces lui est inexorablement défavorable. Le PIB réuni de ses membres est passé en un quart de siècle de 43 à 30 % du PIB planétaire, tandis que le nombre de dictatures et de régimes à poigne n'a cessé de croître depuis la chute du mur de Berlin.
François Clemenceau
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