Le Hamas y avait intérêt. La septième libération d'otages israéliens s'est déroulée comme prévu hier après-midi. Après deux jours marqués par le drame du retour des dépouilles de Shiri Bibas et de ses deux petits garçons, six civils israéliens ont pu quitter la bande de Gaza. En contrepartie, 602 prisonniers palestiniens devaient être relâchés hier soir. Avec ce dernier échange et la remise de quatre corps d'otages prévue d'ici à samedi prochain, la première phase de l'accord de cessez-le-feu sera terminée. La deuxième phase doit démarrer le 1ᵉʳ mars. Et avec elle, l'incertitude totale.
Lors de cette deuxième phase, selon les termes de l'accord signé le 15 janvier, les 27 derniers otages vivants (des hommes de moins de 50 ans et des soldats masculins) et 35 cadavres (selon le décompte de l'armée) sont censés être remis en échange d'un retrait total d'Israël de la bande de Gaza et d'un arrêt complet des combats.
Les négociations entre les autorités israéliennes et le Hamas, pour cette deuxième période, auraient déjà dû commencer. Cela n'a pas été le cas. Des deux côtés, on s'accuse de ne pas respecter les termes du cessez-le-feu. Or, cette phase est cruciale pour l'avenir politique de la bande de Gaza et celui de Benyamin Netanyahou.
Le Hamas a prévenu qu'il n'était pas question de libérer les derniers otages si l'État hébreu ne se retirait pas complètement de l'enclave palestinienne. Après quinze mois de conflit, le mouvement islamiste a montré, à travers les mises en scène des libérations, qu'il contrôlait toujours la bande de Gaza. Même affaibli, il a affirmé ne pas être prêt à renoncer à son pouvoir militaire. Aucune gouvernance politique ne pourra être envisagée sans lui.