Trump veut faire de la bande de Gaza la... « Côte d'Azur du Moyen-Orient »
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Donald Trump ne s'est pas épanché sur la manière dont il comptait le faire, parlant d'un projet « à long terme ».
Elizabeth Frantz
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Donald Trump ne s'est pas épanché sur la manière dont il comptait le faire, parlant d'un projet « à long terme ».
Elizabeth Frantz
C'est une nouvelle annonce tonitruante de Donald Trump. Le président américain a dit ce mardi vouloir prendre « le contrôle » de la bande de Gaza dévastée par la guerre. « Les États-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza et nous allons faire du bon boulot avec », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au côté de Benjamin Netanyahu, parlant du territoire palestinien comme d'un « chantier de démolition ».
« Nous en prendrons possession et serons responsables du démantèlement de toutes les bombes dangereuses qui n'ont pas explosé et de toutes les armes », a-t-il ajouté, en soulignant que les États-Unis allaient « aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits », afin de développer économiquement le territoire palestinien.
Il ne s'est pas épanché sur la manière dont il comptait le faire, parlant d'un projet « à long terme », mais il a dit avoir parlé à d'autres pays dans la région qui ont « adoré » l'idée. « Ce n'est pas une décision prise à la légère », a-t-il dit, répétant son vœu de faire de Gaza la « Côte d'Azur du Moyen-Orient ».
Donald Trump a également répété que les habitants de Gaza pourraient aller vivre dans des lieux « plus sûrs » comme la Jordanie ou l'Égypte, malgré l'opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes. Il a assuré que les Palestiniens « adoreraient » quitter la bande de Gaza assiégée et vivre ailleurs s'ils en avaient la possibilité.
Contrairement à ce qu'affirme Donald Trump, les États arabes s'opposent au projet. L'Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et le Qatar ont rejeté toute « atteinte aux droits inaliénables » des Palestiniens. Dans un communiqué, le président palestinien Mahmoud Abbas a « fermement » rejeté « les appels à s'emparer de la bande de Gaza et déplacer les Palestiniens hors de leur patrie ». Il s'est d'ailleurs rendu ce mercredi en Jordanie pour rencontrer le roi Abdallah II, signe d'une inquiétude réelle.
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Un dirigeant du Hamas, Sami Abu Zuhri, a fustigé les propos de Trump, estimant qu'ils étaient une « recette pour créer le chaos » au Proche-Orient. Le Hamas a accusé le président américain de « jeter de l'huile sur le feu » avec son idée d'occupation militaire de la bande de Gaza. L'ambassadeur palestinien à l'ONU, Riyad Mansour, a lui appelé les dirigeants du monde à « respecter les souhaits du peuple palestinien ».
En France, le porte-parole du gouvernement a affirmé que les déclarations de Trump étaient « dangereuses pour la stabilité » et « le processus de paix ». Le chef de la diplomatie britannique, David Lammy, a pour sa part affirmé que les Palestiniens devaient pouvoir « vivre et prospérer » dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
Plus globalement, de nombreux pays ont exprimé ce mercredi leur opposition ou leur incompréhension à l'égard des propositions de Donald Trump. Dont le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ou encore le Brésil.
Reste que la mise en place effective de cette annonce n'est pas aussi simple que ce que Donald Trump veut laisser croire. Les États-Unis ne pourraient prendre le contrôle de Gaza qu'avec le consentement d'Israël. Or, l'État hébreux « ne peut pas céder Gaza aux États-Unis », note Tamer Morris, spécialiste de droit international à l'Université de Sydney, en Australie. Et même l'Autorité palestinienne « ne peut pas donner ce consentement au nom d'un peuple » qui a « le droit de disposer » de lui même, ajoute-t-il sur le site The Conversation.
Mais rien qu'à lui seul, le discours du président américain est dangereux pour cet expert. « La manière désinvolte dont Trump discute de choses telles que la prise de contrôle d'un territoire, et le déplacement d'une population, donne l'impression que ces règles peuvent facilement être enfreintes », souligne-t-il.
L'ONU a toutefois pris la parole sur ce sujet ce mercredi pour recadrer le débat. « Tout transfert forcé ou expulsion de personnes depuis un territoire occupé sont strictement prohibés », a rappelé dans un communiqué le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk. Il a également indiqué que « le droit à l'autodétermination est un principe fondamental du droit international et doit être protégé par tous les États ».
Donald Trump doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie Abdallah II et s'est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Pour l'heure, Benjamin Netanyahu est le premier dirigeant étranger invité à la Maison Blanche depuis le retour au pouvoir de Donald Trump le 20 janvier, symbole de l'alliance indéfectible entre Israël et les États-Unis. Visiblement heureux d'afficher leur bonne entente, même si les deux dirigeants ont pu avoir des différends, Benjamin Netanyahu a salué en Donald Trump « le meilleur ami qu'Israël ait jamais eu à la Maison Blanche ».
Il a affirmé qu'un accord de normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël allait « se faire ». Ce que Ryad a immédiatement démenti. « L'Arabie saoudite poursuivra sans répit ses efforts pour l'établissement d'un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est, comme capitale et n'établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela », a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères.
Cette rencontre à la Maison Blanche survient au moment où reprennent de délicates négociations sur la poursuite du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, dont une première phase est entrée en vigueur le 19 janvier.
Le Hamas a annoncé mardi que « les contacts et négociations pour la deuxième phase » du cessez-le-feu avaient « commencé ». Israël avait expliqué plus tôt qu'il enverrait « en fin de semaine » une délégation au Qatar, l'un des trois pays médiateurs avec les États-Unis et l'Égypte, pour discuter de la poursuite de la trêve.
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Dans la bande de Gaza, de nombreux Palestiniens déplacés ont profité de la trêve pour retrouver leur terre, déterminés à reconstruire. Plus d'un demi-million d'entre eux ont déjà regagné le nord du territoire, particulièrement détruit par les combats.
(Avec AFP)
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