Israël/Hamas : nouvel échange d'otages et de détenus dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu
latribune.fr
Deuxième échange d'otages israéliens et de détenus palestiniens dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu conclu le 15 janvier entre le Hamas et Israël et entré en vigueur le 19 janvier.
Israël et le Hamas ont procédé à l'échange de quatre otages israéliennes contre 200 détenus palestiniens. Mais un différend de dernière minute bloque encore le retour prévu de centaines de milliers de déplacés dans la bande de Gaza vers le nord du territoire palestinien.
Dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu conclu le 15 janvier entre le mouvement islamiste et l'État hébreu en vue de mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, le Hamas a libéré samedi quatre femmes soldats israéliennes enlevées lors de son attaque du 7 octobre 2023 en Israël, en échange de 200 prisonniers palestiniens. Les quatre militaires ont été remises à une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur une place de la ville de Gaza où s'était rassemblée une foule nombreuse tenue à l'écart par des dizaines de membres armés et masqués du Hamas et du Djihad islamique.
Tsahal a précisé les avoir ramenées en Israël, où elles ont retrouvé leurs familles sur une base militaire proche de Gaza. Elles ont été ensuite être transférées par un hélicoptère de l'armée de l'air israélienne dans un hôpital du centre du pays (Beilinson de Petah Tikva) pour des examens médicaux, a expliqué le ministère israélien de la Santé. Les quatre militaires avaient été enlevées lorsque les combattants du Hamas ont pris d'assaut la base de Nahal Oz où elles étaient affectées à une mission d'observation en lisière de la bande de Gaza.
Tensions
Des tensions sont néanmoins apparues ce samedi entre Israël et le Hamas, l'armée israélienne accusant le mouvement palestinien de ne pas respecter les termes du cessez-le-feu en n'ayant pas libéré, comme l'État hébreu s'y attendait, une otage civile. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'autoriserait pas les Palestiniens à revenir dans le nord de la bande de Gaza tant que n'aurait pas été réglé le sort de cette otage civile dont il attendait la libération ce samedi. Des dizaines de familles de déplacées s'étaient rassemblées au plus près du corridor de Netzarim, au sud, dans l'espoir de pouvoir rentrer chez eux à Gaza-ville ou dans d'autres villes du nord de la bande de Gaza. Le Hamas a évoqué un problème technique et a assuré que cette otage, Arbel Yehud, était vivante et serait libérée samedi prochain. Un responsable palestinien a déclaré à Reuters que les médiateurs s'efforçaient d'aplanir ce différend.
« Conformément à l'accord de trêve [avec le Hamas négocié par le Qatar avec l'aide des Etats-Unis et de l'Égypte, NDLR], Israël n'autorisera pas le passage de Gazaouis vers le nord de la bande de Gaza tant que la libération d'Arbel Yehud, une civile qui était censée être relâchée aujourd'hui, n'est pas arrangée », a indiqué un communiqué du Bureau du Premier ministre israélien.
Peu après la libération des quatre militaires israéliennes, des autocars transportant des prisonniers palestiniens ont quitté la prison militaire israélienne d'Ofer en Cisjordanie occupée. Les services pénitentiaires israéliens ont déclaré que 200 prisonniers palestiniens avaient été libérés. Parmi eux figurent des activistes condamnés à des peines de prison à perpétuité pour des attaques meurtrières, selon une liste fournie par le Hamas. Environ 70 de ces prisonniers vont être envoyés en Égypte, 16 iront à Gaza et les autres en Cisjordanie, ont dit des responsables palestiniens.
Deuxième échange depuis le 19 janvier
Il s'agit du deuxième échange de la sorte dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu conclu le 15 janvier entre le Hamas et Israël et entré en vigueur le 19 janvier. Trois Israéliennes ont déjà été libérées dimanche dernier après plus de 15 mois de captivité et la dépouille d'un soldat israélien porté disparu depuis une décennie a aussi été restituée, contre 90 détenus palestiniens. Dans le cadre de la première phase de l'accord de cessez-le-feu, le Hamas relâcherait au total 33 otages, notamment des enfants, des femmes, des hommes âgés, des malades et des blessés.
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Le sort des otages restants sera négocié dans le cadre d'une seconde phase, qui prévoit également le retrait de l'armée israélienne de la bande de Gaza. Après les libérations de ce samedi, Israël estime que 90 otages restent captifs dans la bande de Gaza, dont un tiers sont considérés morts. Le Hamas a tué 1.200 personnes et enlevé plus de 250 otages lors de son attaque du 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, selon les bilans israéliens. La guerre menée en représailles par Israël a fait plus de 47.000 morts dans la bande de Gaza, selon les autorités sanitaires gazaouies liées au Hamas.
Au Liban, Israël ne joue pas le jeu
L'armée libanaise a indiqué samedi être prête à se déployer dans le sud du pays et accusé Israël de « tergiverser » dans son retrait conformément aux termes du cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre. L'armée est « prête à poursuivre son déploiement dès que l'ennemi israélien se retirera », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Elle a par ailleurs appelé la population à « faire preuve de prudence en retournant dans les zones frontalières du sud, en raison de la présence de mines et d'objets suspects laissés par l'ennemi israélien ». L'armée israélienne a d'ailleurs déconseillé samedi aux habitants de plusieurs dizaines de localités du sud du Liban de revenir chez eux, jusqu'à nouvel ordre.
Cet avertissement est émis alors qu'Israël a prévenu vendredi que son armée resterait déployée au Sud-Liban au-delà de l'échéance de dimanche, soit plus longtemps que les 60 jours prévus par l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre entre l'État hébreu et le Hezbollah sous l'égide des Etats-Unis et de la France. Selon les termes de l'accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah, l'armée libanaise doit se déployer aux côtés des forces de maintien de la paix des Nations Unies dans le sud, au fur et à mesure du retrait de l'armée israélienne sur une période de 60 jours. Le Hezbollah doit pour sa part retirer ses forces au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière libano-israélienne, et démanteler toute infrastructure militaire restante dans le sud. Le bureau de Benjamin Netanyahu a toutefois déclaré vendredi que le retrait des forces armées se poursuivrait au-delà de la date limite du 26 janvier, prévue par l'accord.
« Le processus de retrait est conditionné au déploiement de l'armée libanaise dans le sud du Liban et à l'application complète et effective de l'accord, le Hezbollah se retirant au-delà du fleuve Litani », a déclaré le bureau de Benjamin Netanyahu. « Étant donné que l'accord de cessez-le-feu n'a pas encore été pleinement appliqué par l'État libanais, le processus de retrait progressif se poursuivra en coordination totale avec les Etats-Unis », a-t-il ajouté.