Un dessin, publié vendredi dans le quotidien israélien Yediot Aharonot, résume le déchirement des familles. On y voit un pissenlit perdre ses pétales : des jaunes, symbolisant les otages, et des noirs, couleur du deuil. Avec ces mots : « En vie », « Pas en vie ». Il y a encore 98 captifs à Gaza. Parmi eux, au moins une trentaine sont morts.
En vie, pas en vie ? C'est la question que se posent les proches des deux frères rouquins Kfir et Ariel, et de leurs parents, Shiri et Yarden Bibas. Les Bibas, une famille modeste, dont l'histoire de l'enlèvement est emblématique de l'extrême violence du 7 octobre et de l'immense tragédie vécue par le pays tout entier. Alors âgés de 8 mois et de 4 ans, les garçons grandissaient à Nir Oz, un kibboutz frontalier de la bande de Gaza. Depuis quinze mois, les visages et les sourires des deux enfants, les plus jeunes des 251 personnes kidnappées par le Hamas, s'affichent partout.
Une première trêve interrompue
Leurs proches ont d'abord refusé de s'exprimer sur l'accord de cessez-le-feu signé par Israël et le Hamas, publiant seulement un communiqué mercredi : « Nous sommes au courant des informations indiquant que notre famille fait partie de la première phase de l'accord, et que Shiri et les enfants devraient être parmi les premiers à être libérés. Compte tenu de nos expériences passées, faites de déceptions, nous ne considérons rien comme définitif tant que nos proches n'ont pas franchi la frontière. »
Nathalie Hamou, Correspondante À Tel-aviv