Israël a lancé lundi les cérémonies marquant le premier anniversaire de l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. Le Premier ministre israélien a défendu le bilan de sa riposte, lors d'une réunion avec son gouvernement.
[Article publié lundi 7 octobre à 7h19, mis à jour à 17h00] Ses premiers mots étaient attendus en ce premier anniversaire du 7 octobre 2023, où la branche armée du mouvement palestinien Hamas a attaqué le territoire israélien, faisant plus de 1.000 morts.
Lors d'une réunion de son gouvernement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré ce lundi que son gouvernement était « en train de changer la réalité de la sécurité régionale sur le terrain pour le bien de nos enfants, pour notre avenir, et pour faire en sorte qu'il n'y ait plus jamais de 7-Octobre, plus jamais ». Une déclaration forte rapportée par un communiqué, et qui précède une autre allocution du Premier ministre israélien, à l'adresse de sa nation, à venir dans la journée.
Une journée de commémoration
Depuis ce matin, de nombreuses commémorations ont eu lieu dans le pays. La première s'est tenue à Réïm, où plus de 370 personnes ont été tuées par des commandos du Hamas, lors d'un festival de musique. Une minute de silence a été observée à 6h29 précises (5h29, heure de Paris), soit l'heure du début de l'offensive du Hamas, il y a un an.
Présents sur place, de nombreuses familles endeuillées, beaucoup en larmes, certains arborant sur leurs vêtements les visages de leurs proches tués. La cérémonie s'est achevée après que le chanteur Israël Bar-On eut interprété la Hatikva (L'Espoir en hébreu), l'hymne national israélien.
Dans la foulée de cette première commémoration, le président israélien Isaac Herzog a appelé le monde à « soutenir Israël dans son combat contre ses ennemis ». Le 7 octobre 2023 laisse « une cicatrice sur l'humanité [...] une cicatrice sur la face de la Terre », et « le monde doit se rendre compte et comprendre que pour changer le cours de l'histoire et apporter la paix et un avenir meilleur à la région, il doit soutenir Israël dans son combat contre ses ennemis », écrit le dirigeant, dans un communiqué.
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Cette cérémonie à Réïm a été suivie d'autres événements mémoriels durant la journée. Et ce, alors qu'Israël est toujours en guerre à Gaza, et désormais aussi au Liban, où l'armée israélienne a lancé une offensive terrestre contre le mouvement islamiste libanais Hezbollah.
Plus de 1.000 morts
Pour mémoire, l'attaque du 7 octobre 2023 a fait 1.205 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP, basé sur les chiffres officiels israéliens, et incluant les otages morts en captivité. Les représailles militaires, qui ont suivi sur la bande de Gaza, ont fait au moins 41.825 morts, en majorité des civils, selon les données du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
Dans un message vidéo dimanche, le groupe terroriste a, lui, salué son attaque « glorieuse » d'il y a un an, qui a « brisé les illusions que l'ennemi s'était créées, convainquant le monde et la région de sa supériorité et de ses capacités supposées ». Et à peine quelques minutes après le début des cérémonies, en présence du président israélien Isaac Herzog, au moins quatre projectiles ont été tirés depuis la bande de Gaza vers le sud d'Israël, a indiqué l'armée israélienne.
Erdogan virulent envers Israël, Biden assure son soutien
D'Amsterdam à Tokyo, en passant par Washington ou Ankara, de nombreuses déclarations, ainsi que des rassemblements avec la communauté juive, mais aussi des manifestations pro-palestiniennes, ont marqué l'anniversaire de cette journée de massacres, la plus meurtrière dans l'histoire de l'Etat hébreu.
L'une des réactions les plus remarquées fut celle du président turc, allié du Hamas, qui a affirmé sur le réseau social X : « Israël paiera tôt ou tard le prix du génocide qu'il commet depuis un an et qu'il poursuit. »
A contrario, le président américain s'est dit « totalement engagé » pour la « sécurité d'Israël » dans un communiqué publié ce lundi. « L'histoire retiendra aussi le 7 octobre comme une journée noire pour les Palestiniens, à cause du conflit que le Hamas a déclenché ce jour-là. Beaucoup trop de civils ont beaucoup trop souffert pendant cette année de conflit », a encore écrit Joe Biden. Quant à Kamala Harris, candidate à sa succession, elle a condamné « l'horreur » de l'attaque du Hamas, tout en ayant « le cœur brisé » par les souffrances à Gaza.
A Londres, le nouveau Premier ministre britannique, le travailliste Keir Starmer a évoqué, lui, un « jour de douleur et de chagrin ». « Nous partageons votre douleur », a tweeté en hébreu le chancelier allemand Olaf Scholz, accompagnant son message d'une photo de la façade de la Chancellerie à Berlin, arborant un dessin du ruban jaune, qui symbolise la solidarité avec les otages et leurs familles. Quant à la diplomatie espagnole, elle a réitéré « sa ferme condamnation des attaques terroristes atroces du Hamas » tout en appelant à un cessez-le-feu à Gaza et à une « solution à deux Etats ».
Emmanuel Macron adresse ses « pensées fraternelles » aux victimes
Le Président français a estimé ce lundi que « la douleur demeure aussi vive qu'il y a un an », « celle du peuple israélien, la nôtre, celle de l'humanité blessée ». Sur le réseau social X, le chef de l'État a adressé ses « pensées fraternelles » aux victimes, « aux otages et aux familles aux cœurs brisés par l'absence ou l'attente ».
Pour rappel, le président de la République a réaffirmé dimanche à Benjamin Netanyahou « l'engagement indéfectible » de la France pour la sécurité d'Israël, lors d'une conversation téléphonique destinée à dissiper le malaise entre les deux pays. En effet, samedi des déclarations du président français appelant à l'arrêt de certaines livraisons d'armes à Israël, avait provoqué la colère du premier ministre israélien.