La diplomatie de la navette. C'est cette méthode de négociations, éprouvée dans les années 1970 par Henry Kissinger, qui va être remise au goût du jour demain à Riyad, où se réuniront officiels russes, ukrainiens et américains. Kiev et Moscou refusant toujours de se retrouver dans la même pièce, les médiateurs de Donald Trump vont donc faire des allers-retours entre les deux délégations pour essayer de faire progresser l'idée d'un cessez-le-feu en Ukraine.
Alors que l'arrêt des attaques sur les infrastructures énergétiques a été plus ou moins approuvé par les deux camps cette semaine, les discussions, qui s'annoncent très techniques, devraient aborder une extension de cette limitation des frappes, notamment en mer Noire. Autant d'étapes pour parvenir à cette fameuse trêve de trente jours que Donald Trump a décidément bien du mal à obtenir. Si ces contacts indirects peuvent être perçus comme une avancée, reste à savoir si toutes les parties arriveront à Riyad avec les mêmes intentions.
Côté ukrainien, l'ambition affichée est d'aboutir « au moins » à un moratoire sur les attaques lancées en Ukraine et en Russie. Le ministre de la Défense, Roustem Oumerov, qui doit mener la délégation, devrait présenter une « liste de sites civils et de zones » concernés par ce moratoire.
Le Kremlin reste de son côté beaucoup plus énigmatique sur ses objectifs, que l'on peut tout de même soupçonner d'être bien plus restreints. Le casting des négociateurs le dit d'ailleurs. « Par rapport à l'entretien Trump-Poutine et aux échanges russo-americains du 18 février, on est redescendu de deux étages », résume Arnaud Dubien, directeur de l'Observatoire franco-russe.