Depuis la victoire de Donald Trump, Viktor Orbán se sent pousser des ailes. D'ailleurs, le Hongrois n'a pas attendu que son vieil ami se réinstalle à la Maison-Blanche pour se démultiplier. Cette semaine, il a, de son propre chef, une nouvelle fois endossé les habits de « faiseur de paix » en Ukraine, une mission qu'il s'était déjà fixée en juillet. Lundi, il se rendait ainsi à Mar-a-Lago, la résidence floridienne du républicain, pour discuter d'une issue à la guerre. Deux jours plus tard, il évoquait le même sujet pendant deux heures au téléphone avec Vladimir Poutine. Puis le lendemain il rencontrait à Ankara le chef de l'État turc, Recep Tayyip Erdogan.
Et peu importe si cette paix se fait au détriment de Kiev, que le très russophile Orbán n'a jamais soutenu. Il ne se soucie pas davantage de l'avis de ses partenaires européens, même si son pays assure la présidence tournante de l'UE jusqu'à la fin du mois. Persuadé que sa proximité avec le 47e président des États-Unis lui confère le statut de nouvel homme fort du Vieux Continent, il se voit comme l'intermédiaire incontournable pour aboutir à un cessez-le-feu. Sauf que cette puissance revendiquée est un trompe-l'œil. De fait, jamais en quatorze ans de règne le leader ultraconservateur n'a semblé aussi fragilisé dans son propre pays.