Ils incarnent le contre-exemple d'un individualisme qui a contaminé jusqu'à nos façons de vivre et d'habiter, mais restent encore minoritaires. Dans les lieux d'habitat participatif, conçus et gérés par ceux qui y vivent, on ne vit pas en voisins anonymes : on partage des valeurs - solidarité, entraide, écoresponsabilité - et des espaces mutualisés comme une buanderie, une chambre d'amis ou un jardin potager.
Une façon d'être acteur de son logement qui s'érige aussi en plaidoyer du vivre-ensemble. En plein confinement sanitaire en 2020, la résidence du Mas Cobado, premier gros projet d'habitat participatif (23 logements) à Montpellier, avait ainsi démontré ses vertus : confinés ensemble, les habitants avaient rompu la solitude et plus que jamais activé le mode solidarité.
Frédéric Jozon est chargé de projet et président de Hab-Fab, société montpelliéraine qui accompagne ce type de projets en Occitanie principalement. Il vit lui-même au Mas Cobado : « La réalité est encore mieux que le projet rêvé et je ne me verrais pas habiter ailleurs. Bien sûr, il y a des problèmes et des désaccords, mais on n'a pas peur des conflits, on les gère sans les enterrer ni exploser ».
Selon Habitat Participatif France, on recensait en 2024 quelque 1 172 projets, dont 488 sont aboutis : 265 à la campagne (1 400 logements) et 223 en ville (2 700 logements). Soit une croissance de 10 à 15% par an du nombre de projets depuis 2021, traduisant un intérêt qui persiste malgré la crise de l'immobilier qui sévit depuis 2022 et qui affecte aussi ce segment de l'habitat.