La chronique de Douglas Kennedy. La voix de l’Amérique réduite au silence
Douglas Kennedy
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LTD/Fabien Clairefond
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Quand les médias ont annoncé le mois dernier que Donald Trump voulait fermer la chaîne de radio internationale qui était jusque-là un des fleurons de la démocratie américaine, il m'est revenu une anecdote de ma vie de globe-trotter invétéré.
Nous étions en 1985 et je m'étais offert une pause de trois mois pour explorer les multiples facettes de l'Égypte moderne. Dans les dernières semaines de ce voyage, un soir où je me trouvais au bar de mon hôtel une étoile à Louxor, la nouvelle nous parvint que tous les passagers d'un vol Egypt Air détourné la veille et contraint d'atterrir à Malte avaient été libérés par un escadron de l'armée égyptienne envoyé en mission de sauvetage à La Valette.
Annoncée à la télévision, l'information me fut traduite par l'homme assis au bar à côté de moi, un professeur d'université du coin, qui était en pleine rupture conjugale et avait pris ses quartiers dans cet hôtel bas de gamme, où il passait le plus clair de ses soirées à s'abîmer dans l'alcool.
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Aussitôt, je m'empressai de remonter dans ma chambre et d'attraper la petite radio à ondes courtes qui voyageait toujours avec moi. Après l'avoir réglée sur la fréquence de Voice of America (VOA), j'y appris que, si les troupes égyptiennes avaient en effet donné l'assaut à l'avion sur le tarmac de l'aéroport de La Valette, elles avaient en revanche ouvert le feu sans discernement et tué la plupart des passagers. Je redescendis au bar, mon transistor à la main, et invitai le professeur alcoolique à écouter l'information donnée par VOA. Il dessoûla instantanément.
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