« Donald Trump, ça suffit ! », première mobilisation d'ampleur aux Etats-Unis
latribune.fr

Les coupes budgétaires dans les aides sociales, l'éducation ou encore la recherche ont catalysé la contestation - Photo d'illustation.
Nathan Howard
latribune.fr

Les coupes budgétaires dans les aides sociales, l'éducation ou encore la recherche ont catalysé la contestation - Photo d'illustation.
Nathan Howard
Des milliers d'Américains ont manifesté samedi contre la politique de Donald Trump, pour la première mobilisation d'envergure depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier dernier.
Les coupes budgétaires décidées par le président républicain - dans les aides sociales, l'éducation ou encore la recherche - ainsi que le licenciement de milliers de fonctionnaires ont catalysé la contestation. De Boston à Houston, de la Floride au Colorado, des rassemblements ont été organisés dans plusieurs grandes villes. À Washington, des milliers de personnes se sont réunies dans une ambiance bon enfant sur le National Mall, entre le Capitole et le Washington Monument, à quelques pas de la Maison Blanche.
Brandissant des pancartes « Pas touche à la Sécurité sociale » ou « Le fascisme est arrivé », les manifestants arboraient aussi des drapeaux américains à l'envers - un ancien signal de détresse militaire devenu emblème de protestation. Les organisateurs espéraient réunir 20.000 personnes dans la capitale fédérale mais ont estimé en cours de journée que la participation était « bien supérieure ».
Plusieurs figures démocrates ont pris la parole. « Aucune personne dotée de sens moral ne veut d'un dictateur sabotant l'économie, qui connaît le prix de tout et la valeur de rien », a lancé le représentant Jamie Raskin. Depuis le 20 janvier, Donald Trump revendique une légitimité populaire pour étendre les prérogatives de l'exécutif. « Trump et Musk pensent que ce pays leur appartient. Ils mettent la main sur tout ce qu'ils peuvent et défient le monde de les arrêter », accuse le collectif Indivisible, l'un des mouvements à l'origine de la mobilisation.
De nombreux électeurs reprochent au Parti démocrate de ne pas incarner une opposition plus forte face aux assauts répétés de l'administration Trump. « Ça fait du bien de voir autant de gens », témoigne Annette, 39 ans, qui vient de perdre son emploi de contractuelle avec l'État. « Mais ce n'est pas suffisant. Les gens ne se mobiliseront que quand ils seront directement touchés. » Des manifestations de soutien ont également eu lieu à l'étranger, notamment à Berlin, Paris, Rome et Londres.
À lire également
Les agriculteurs redoutent une chute de leurs exportations après la décision de Donald Trump, pour qui ils ont massivement voté, de relever les droits de douane envers l'ensemble des partenaires commerciaux des États-Unis. Un scénario qui ravive les souvenirs de 2018 : lors de son premier mandat, la Chine avait alors imposé 25 % de surtaxe sur le soja américain, entraînant une chute de 75 % des exportations vers Pékin. Si à l'époque Donald Trump ciblait surtout la Chine, sa nouvelle offensive protectionniste est bien plus large. « C'est un bouleversement majeur de l'ordre international », alerte un producteur. « J'ai essayé de vendre autant de soja et de maïs que possible », ajoute-t-il, « avant que Trump n'annonce le niveau des nouveaux droits de douane. »
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

(Avec AFP)
latribune.fr