Pour lui, cela n'a pas été rien. Le 13 novembre, Guillaume Kasbarian est allé rue de Miromesnil s'entretenir avec Nicolas Sarkozy. C'était la première fois qu'il le rencontrait. En 2007, il avait adoré la campagne de l'ex-maire de Neuilly, où celui-ci avait su bousculer une droite qui avait tant vieilli. Il avait voté pour lui. Comme il le fait avec tous ses interlocuteurs, l'ancien chef de l'État a abreuvé de conseils le ministre de la Fonction publique, de la Simplification et de la Transformation de l'action publique issu de la Macronie.
Il l'a trouvé politique, courageux et très sympathique. Et puis, comment ce que son visiteur avait commis le matin même aurait-il pu lui déplaire ? Dès potron-minet, Guillaume Kasbarian avait posté un message de félicitations sur X à Elon Musk, nommé la veille par Donald Trump à la tête d'un « département à l'efficacité gouvernementale ». « J'ai hâte de partager avec vous les meilleures pratiques pour lutter contre l'excès de bureaucratie, réduire la paperasse et repenser les organisations publiques afin d'améliorer l'efficacité des agents publics », avait-il écrit, provoquant l'ire des syndicats et de la gauche, mais aussi le mécontentement de Matignon.
Cette sortie n'a pas vraiment surpris ceux qui connaissent bien Guillaume Kasbarian, qui n'en avait pas forcément anticipé toutes les conséquences. « Secouer le cocotier » est une manière de faire qu'il a toujours revendiquée. Depuis sa nomination, le ministre de la Fonction publique a déjà eu l'occasion de le prouver. Le 27 octobre, il a annoncé sa volonté de passer le nombre de jours de carence des salariés du public d'un à trois, comme pour ceux du privé, et déclenché par ricochet une journée de manifestation le 5 décembre. « Il déteste les fonctionnaires », a accusé Sophie Binet, la leader de la CGT, alors qu'il en compte deux pour parents (sa mère était prof de musique et son père inspecteur de l'Éducation nationale).