Cette semaine, Michel Barnier a convié à déjeuner trois de ses prédécesseurs. Le premier, mardi, fut Édouard Philippe. Avec le président d'Horizons, la relation est fluide. À ses proches, le Premier ministre confie régulièrement qu'il trouve que le parti philippiste, comme à ses yeux le MoDem, est le seul à vraiment jouer le jeu au sein du socle commun - le terme qu'il a choisi pour définir sa majorité - et qu'il saura s'en souvenir.
Jeudi, Élisabeth Borne a été la suivante. La députée Ensemble pour la République (EPR) du Calvados est venue à ces agapes avec le goût amer qui lui restait après le débat budgétaire. Cet automne, elle a détesté la stratégie adoptée par Michel Barnier de laisser pourrir les discussions à l'Assemblée. Elle a trouvé que cela avait donné aux députés de la (très relative) majorité, quasi systématiquement mis en minorité, un sentiment d'inutilité. Certes, contrairement à elle, Michel Barnier n'a pas voulu avoir recours au 49.3.
Mais le résultat est-il au final plus satisfaisant ? Même si Élisabeth Borne a pour habitude de parler assez franchement, le Premier ministre l'apprécie beaucoup. En septembre, à l'occasion de la formation du gouvernement, il lui avait proposé le portefeuille de la Défense. « Comme tu as revendiqué une rupture avec les années passées et que j'ai porté durant celles-ci beaucoup des réformes symboliques, je ne vais pas faire une rupture avec moi-même » : c'est ainsi qu'elle avait décliné son offre.