Patrick Martin président du Medef : « Sur la pénibilité, nous faisons déjà un énorme pas ! »
ENTRETIEN – Après trois mois de négociations, les syndicats et le patronat doivent rendre leurs conclusions sur l'avenir des retraites mardi 17 juin. Patrick Martin, président du Medef, réaffirme son rejet d'un avancement de l'âge légal, mais continue de croire qu'un accord est possible.
Propos recueillis par Fanny Guinochet
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Les syndicats et le patronat doivent rendre leurs conclusions sur l'avenir des retraites mardi 17 juin.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel bilan tirez-vous de ce conclave ? PATRICK MARTIN —Dès l'origine, nous trouvions malencontreux de rouvrir le sujet même si les syndicats y tenaient. Rediscuter de cette réforme nous paraissait décalé par rapport à la situation financière du pays. Mais notre responsabilité est de participer à ces discussions. Même si tout au long de ce conclave, la question de se retirer, comme l'a fait l'U2P, s'est posée de manière récurrente.
Pourquoi ne pas lâcher sur l'âge légal de 64 ans ? Parce que c'est vital. Les rapports de la Cour des comptes comme du COR (Conseil d'orientation des retraites) montrent que, malgré un âge légal de départ à 64 ans, le régime reste déficitaire. Aucune autre solution n'est robuste. Dire que l'on va compenser par la suppression d'une niche fiscale ou autre subterfuge n'est pas sérieux. Nos partenaires européens, l'OCDE, le FMI... nos créanciers nous regardent avec sidération et inquiétude. Revenir sur les 64 ans serait un terrible signal. Reculer l'âge permet aussi de faire progresser le taux d'emploi et d'améliorer la croissance. Cela répond aux attentes des Français qui souhaitent plus de pouvoir d'achat et des régimes sociaux qui les protègent.
Êtes-vous prêts à reculer l'âge de départ à taux plein à 66 ans plutôt qu'à 67 ? Abaisser l'âge à 66 ans coûte très cher : 1,2 milliard en 2030, 5,5 milliards en 2046. Ça n'aurait de sens que si les organisations syndicales proposent des économies à due concurrence - elles se sont engagées sur l'indispensable équilibre financier. Il en va aussi de l'intérêt des retraités.
Dans ce conclave, il y a eu des tensions au sein du clan patronal, pourquoi ?N'exagérons pas ! Il y a parfois eu des désaccords avec la CPME sur un éventuel retour à 63 ans... Ses initiatives n'étaient pas toujours concertées en amont, alors qu'il est important de jouer collectif !
Regrettez-vous l'absence de FO, de la CGT et l'U2P ? Oui, ça a manqué... D'ailleurs, si les partenaires sociaux qui en sont partis veulent revenir dans la dernière ligne droite, je pense que ce serait une bonne chose.
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