Dette de la France : une mise sous tutelle du FMI n'est plus exclue

Fanny Guinochet
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Le ministère de l’Économie alerte sur le dérapage de la dette publique (photo d’illustration).
Reuters

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Le ministère de l’Économie alerte sur le dérapage de la dette publique (photo d’illustration).
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67 milliards d'euros. Ce chiffre colossal représente le poids des seuls intérêts de la dette publique française, cette année. Une dette qui dépasse les 3 300 milliards d'euros, soit 113 % de notre PIB. Surtout, le dérapage de nos finances publiques est tel que l'on tend vers les 100 milliards d'euros, selon le ministre de l'Économie. Et ce, plus vite qu'estimé.
De fait, la charge de la dette deviendrait alors notre premier poste de dépenses, devant le budget de l'Éducation - estimé cette année à 88 milliards d'euros -, mais aussi la Défense - 59 milliards d'euros prévus en 2025. Un triste classement qui pourrait advenir dès l'an prochain, selon Bercy
Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que la note de la dette française soit placée par les trois grandes agences de notations américaines - Fitch, Standard & Poor's, ou encore Moody's - en perspective négative. Ainsi, S&P a-t-elle maintenu, vendredi 30 mai, la note française AA−, soit l'équivalent d'un 16,5 sur 20.
La France n'en reste pas moins en sursis. Les prochaines notations auront lieu à l'automne, mais en attendant, le pays doit absolument réduire son déficit et stopper son endettement. Et pour cause, a rappelé Éric Lombard, le ministre de l'Économie, ce dimanche, une nouvelle dégradation placerait la France en seconde division, dans la catégorie « non investment grade ».
Autrement dit, les investisseurs étrangers - la dette française est détenue pour plus de la moitié par des créanciers étrangers -, se détourneraient de nos obligations et les taux s'envoleront. De quoi générer une attaque spéculative sur notre dette.
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Aussi, la menace d'une mise sous tutelle des institutions internationales, notamment du FMI, ne semble plus exclue. À Bercy, l'hypothèse, en tout cas, est prise au sérieux. Pour la première fois ce week-end, tout à tour, Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics et Éric Lombard, le ministre de l'Économie, ont d'ailleurs évoqué ce scénario catastrophe publiquement. « Si nous ne faisons pas ces choix maintenant, ce seront nos créanciers, ou le FMI qui nous les imposeront », a lancé Amélie de Montchalin dans le JDD, quand sur France Inter, ce dimanche, Éric Lombard reconnaissait, lui aussi, que « c'était peut-être la dernière étape ».
Fanny Guinochet