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"Les sociétés de gestion françaises doivent être présentes en Chine"

Propos recueillis par Thierry Serrouya

Publié le 18 avril 2011 à 17:45 - Mis à jour le 18 avril 2011 à 17:51

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Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l'AFG, explique à « La Tribune » que le marché chinois offre un fort potentiel en dépit des difficultés d'implantation.

Dans le cadre du Comité France-Chine, une délégation d'hommes d'affaires et de chefs d'entreprise menée par Jean-Pierre Raffarin s'est rendue à Pékin la semaine dernière. Pour la première fois, l'industrie de la gestion d'actifs faisait partie du voyage. L'occasion pour Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l'AFG (Association française de la gestion financière) d'y promouvoir ce secteur et de rencontrer les régulateurs et son homologue chinois.

Votre visite s'inscrit dans la continuité du rapport du Comité de place approuvé par Christine Lagarde en octobre 2010. La Chine est-elle une priorité pour vous et que pouvez-vous apporter aux sociétés de gestion françaises qui veulent s'y implanter ?

La promotion des sociétés de gestion à l'international était en effet une des propositions clé du rapport du Haut comité de place « stratégie et développement de l'industrie française de la gestion d'actifs » d'octobre 2010. Certes, les sociétés de gestion de la place de Paris ne nous ont pas attendus pour s'implanter en Chine : des 63 sociétés de gestion enregistrées ici, 5 sont en « joint-venture » avec des sociétés françaises. Mais nous sommes un outil de promotion et de visibilité pour elles. C'est par exemple la première fois que l'AFG participe au Comité France-Chine. Nous allons poursuivre nos efforts dans ce sens et faire en sorte que notre industrie soit présente dans les délégations et les « roadshows » au même titre que les autres industries françaises reconnues.

Quel est le potentiel du marché chinois ?

Le marché chinois de la gestion est actuellement de 274 milliards d'euros, alors qu'il est de 2760 milliards d'euros en France. Il est donc amené à croître de manière très importante. La classe aisée se développe rapidement et elle a un taux d'épargne élevé. Pour l'instant, son épargne est principalement placée dans les dépôts bancaires ou l'immobilier, mais elle va rapidement vouloir faire une place beaucoup plus importante aux produits financiers. Il faut être présent en Chine.

Le marché est très concurrentiel. Comment les sociétés françaises peuvent-elles se positionner ?

Évidemment elles jouent sur leurs qualités : solidité, technicité, innovation... Quatre sociétés de gestion françaises sont classées parmi les 20 premières mondiales et la France domine le marché européen avec le Royaume-Uni. Il faut aussi insister sur les similitudes entre la Chine et la France : le taux d'épargne est élevé dans les deux cas et les réseaux de distribution bancaire sont majoritaires. Il y a aussi des similitudes frappantes du point de vue de la gestion de l'épargne et de son utilisation. Il faut noter qu'un certain nombre de sociétés de gestion françaises ont gagné des mandats des grands fonds publics chinois, que ce soit de la Banque centrale, du CIC ou du fond de sécurité sociale.

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À ce jour, cinq sociétés de gestion françaises sont implantées en Chine, d'autres sont en négociation pour y rentrer. Est-ce facile ?

Il n'est jamais facile de venir en Chine. Il faut trouver le bon partenaire, entamer les discussions, et les mener à bien. C'est très long quel que soit le domaine, et la gestion financière ne fait pas exception.

Quelles sont les différences avec le marché français ?

Le client chinois est plus attiré par les comptes titres, dont le nombre est plus important proportionnellement qu'en France. 10 % de la population française en possède un, contre 20 % en Chine. C'est une bonne base de départ pour la gestion collective, en actions comme en titres de taux.

La réglementation est très stricte. Les sociétés étrangères doivent être en « joint-venture » minoritaire. Comment voyez-vous l'évolution du marché ?

Le système des « joint-ventures » permet à la société de gestion française d'avoir accès à un réseau de distribution et à la partie chinoise de bénéficier d'une solidité, d'une qualité et d'une technicité qu'ils n'ont pas encore. Pour l'instant, l'offre des produits est très limitée : titres, dépôts, fonds. Elle vient de s'ouvrir aux obligations. La réglementation est bien moins développée qu'en France, mais elle évoluera en fonction de la diversification de l'offre et de l'ouverture du marché intérieur. Quant à la possibilité d'investir à l'étranger, j'ai le sentiment que ce sera long.

Propos recueillis par Thierry Serrouya

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