Il y a du Tim Burton dans l'univers apprivoisé de Paul Duchein. Une fantaisie poétique débridée, peuplée de personnages imaginaires. Ou pas. Dans ses drôles de petites boîtes faites de bric et de broc, l'octogénaire Paul Duchein a concentré sa vie, ou plutôt ses mille et une vies. Rêves en boites, boîtes à rêves ?
C'est à Rabastens dans le Tarn que grandit Paul Duchein. Tout jeune, il ramasse des objets bizarres et transforme une pièce de la maison familiale en cabinet de curiosités. Les premiers pas vers un art populaire qu'il défendra toujours, becs et ongles.
Une passion qui prendra des chemins de traverse décisifs, du côté du surréalisme, mouvement artistique majeur prônant l'affranchissement des contraintes au profit de la spontanéité, du rêve, de l'inconscient. Les œuvres de Max Ernst, Dali, Magritte ou Chirico le fascinent, il fréquente des artistes, écrit sur l'art, découvre les Arts Premiers et l'Art Brut qu'il collectionne.
Dans les années 60, Paul Duchein réalise ses première idoles dans des boites.
Dans ses boites mises en scène comme des théâtres, l'artiste décline son imaginaire, au gré de thématiques - Rencontres opportunes et figures bavardes, Closeries Vénitiennes, Suite Mexicaine, Le Jardin d'Eden... Il en faut de la patience, du temps, pour glaner, coller, peindre, ou poncer ces centaines d'objets, photos, animaux naturalisés, et autres accessoires.
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Mais quand l'artiste fait se rencontrer les improbables - comme cette main d'enfant en plâtre s'approchant d'un crâne de gazelle, donnant lieu à « l'éloge de la caresse »-, c'est juste magique. Dans une autre vie, Paul Duchein était pharmacien. Boite à pharmacie ? boite coffre, box art... sur les cimaises du Musée d'Art Brut, jusqu'au 31 décembre 2017, le théâtre de la vie est en marche.
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