LA TRIBUNE - Quel est le mode de fonctionnement et le budget de Narbo Via ?
VALERIE BROUSSELLE - Narbo Via est un EPCC, Établissement Public de Coopération Culturelle, dont la présidente du conseil d'administration est la présidente de la Région Occitanie, et dont les membres du Conseil d'administration sont la Région Occitanie, la Communauté d'agglomération du Grand Narbonne, la Ville de Narbonne et l'État. La construction a nécessité un investissement de 56 millions d'euros, très majoritairement réalisé par la Région, avec un crédit de l'Europe (fonds FEDER, ndlr) de 6 millions d'euros et de l'État à hauteur de 1,45 million d'euros. Concernant le fonctionnement, nous avons un budget annuel d'environ 3,5 millions d'euros, abondé par les contributions de la Région Occitanie, de la Communauté d'agglomération du Grand Narbonne, et de la Ville de Narbonne. Pour 2021, qui représente une demi-année d'ouverture au public, nous avons inscrit au budget primitif des ressources propres à hauteur de 650.000 euros, avec la billetterie, la boutique, le mécénat et la location d'espaces. Nous avons des objectifs de recettes mais L'EPCC est un outil de politique publique d'accès à la culture, qui se manifeste par exemple par la gratuité de la billetterie jusqu'à 26 ans. La présidente du conseil d'administration de l'EPCC Narbo Via a également annoncé la gratuité pour tous pendant le mois de juin. Concernant les personnels, ceux qui venaient des collectivités fondatrices ont été transférés au 1er mai 2020 et nous avons recruté de nouveaux agents. Nous sommes aujourd'hui 34 à plein temps, à terme nous serons environ 40.
Il existe déjà un musée traitant de la même période non loin, le Musée de la Romanité de Nîmes. Comment vous positionnez-vous par rapport à cette offre existante en termes de contenus ?
Oui, et il y a aussi Arles... L'ensemble du littoral méditerranéen offre une grande richesse archéologique. Narbo Martius était la première colonie romaine hors d'Italie, or il ne reste quasiment plus rien de ses monuments antiques qui ont été démantelés et dont les matériaux ont été réutilisés par la suite. L'objet de Narbo Via est de faire revivre cette capitale disparue, avec le mur monumental, composé de centaines de blocs issus pour la plupart des nécropoles de la ville antique, et avec le parcours permanent présentant, avec près de 1.300 pièces, la cité et ses habitants à l'époque romaine. Pour mettre à jour ces contenus avec la recherche la plus récente, nous menons des partenariats avec l'INRAP (Institut National De Recherches Archéologiques Préventives, NDLR) ou avec des établissements de recherche tels que le CNRS. Mais nous aurons aussi à coopérer avec l'ensemble des musées d'Antiquité du littoral méditerranéen.