Jardin des sens : Requiem pour cuivres et casseroles
Idelette Fritsch
Idelette Fritsch
Les frères Pourcel et leur associé Olivier Château ont décidé de vendre aux enchères le mobilier et matériel du Jardin des Sens.
Alors que les trois associés se repositionnent déjà avenue de la Mer où ils projettent l'ouverture, en juin 2016, du pop-up restaurant « Terminal #1 », puis en 2019 d'un gastronomique place de la Canourgue, l'aventure du Jardin des sens (1 étoile au guide Michelin) s'achèvera par une vente aux enchères publique samedi 2 avril pour la partie hôtellerie (mobilier, vaisselle, literie, œuvres d'art, etc.), une seconde vente étant prévue le 7 avril pour le matériel professionnel. Seuls 250 happy fews pourront y participer, les internautes pouvant en revanche surenchérir en ligne via le site interencheres-live.
320 lots ont été constitués pour ce premier coup de marteau (plus 100 autres pour la vente professionnelle), sur un delta d'estimations très large :
Car pour cette spécialiste, les enchères pourraient atteindre samedi 2 avril, des sommets difficiles à estimer :
Pour satisfaire les appétits que cette « nostalgie » ne manquera pas d'éveiller côté acheteurs, Maître Andrieu a prévu des petits lots privilégiant l'achat coup de coeur, accessible aux particuliers.
À partir de 100 € le lot de 12 assiettes griffées, et autant pour les ménagères en métal argenté (6 à 8 couverts), la vente prévoit par exemple une quarantaine de lots de champagnes bruts ou rosés (cartons de six bouteilles) griffés Jardin des sens. À emporter au marteau également, les plantes et arbustes du jardin (30 lots) « en pot, en vase de terre cuite ou vernissé », précise Maître Andrieu, toutes les plantes "en terre" étant réservées à la vente professionnelle.
Les 5% restant contiennent, peu de chose en définitive : l'olivier et le magnolia du jardin, les lustres Murano dessinés et soufflés à Murano spécialement pour l'établissement en 95-98, quelques œuvres d'art, le petit matériel de cuisine (casseroles, louches, sautoirs, etc.) et le vin (environ 2000 références) qui accompagneront les cuisiniers jumeaux dans leurs prochaines aventures culinaires.
En revanche, le vieux piano est mis aux enchères, également les portes, rideaux, baignoires, la literie de l'hôtel, les moteurs de climatisation, les robinetteries, jusqu'au mur de la salle du restaurant : « en pierre de Nîmes, il a été dessiné par l'architecte Yves Bozelec spécialement pour le Jardin des sens », précise Jacques Pourcel.
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Des pièces nostalgiques, dont les plus emblématiques ont accompagné les Pourcel au temps de leur insolente ascension au rang des trois étoiles Michelin. Parmi elles, une soixantaine d'œuvres d'art (60 lots dont pas mal de Di Rosa) conservent un peu de l'âme de cet établissement, fondé en 1988 sur l'avenue Saint-Lazare :
Sans oublier pour les lots les plus originaux, une oeuvre d'Hervé Di Rosa himself, qui au terme d'un repas bien arrosé, réalisa au feutre un dessin érotique, directement sur la nappe du Jardin des sens. Qui dit mieux ?
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