Paroles d’experts : La responsabilité du chef d’entreprise face aux risques nouveaux ou en croissance

Marie Pellefigue

Marie Pellefigue
La Chambre de Commerce et d'Industrie du Grand Lille a accueilli, hier matin, la deuxième conférence du cycle Paroles d'Experts, instauré en partenariat par La Tribune et AXA Entreprises. Frédéric Coppin et Fabrice Allavoine, les deux intervenants AXA Entreprises ont débattu pendant deux heures sur « la responsabilité du chef d'entreprise face aux risques nouveaux ou en croissance ».
Première notion, mise en lumière lors de l'introduction générale de la conférence réalisée par Laurent Degroote, premier Vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Grand Lille, la prise de risque fait partie de l'ADN des chefs d'entreprise. « Un dirigeant qui ne prend pas de risque dans son activité n'est pas un entrepreneur, mais un simple gestionnaire », affirme-t-il. Le souci ? Peu d'entre eux sont conscients des aléas, notamment indirects, qui entourent leur activité, comme l'assure Fabrice Allavoine, agent général AXA à Arras :
Cette prise de conscience est particulièrement importante dans le monde économique en évolution constante que nous connaissons aujourd'hui. D'autant que les conséquences d'un sinistre pour une entreprise peuvent être dramatiques pour un dirigeant. Ainsi Laurent Degroote cite une expérience vécue :
"L'évolution de la législation et les nouvelles obligations auxquelles doivent répondre les dirigeants d'entreprise ont un impact de plus en plus important sur l'activité des PME", souligne Frédéric Coppin, directeur de la région Nord-Est d'AXA Entreprises. Pourtant, beaucoup d'entre eux ont une méconnaissance du sujet, et appréhendent mal les conséquences des sinistres de nature nouvelle. Ainsi, la responsabilité personnelle du dirigeant peut être mise en cause, et il est possible qu'il soit condamné sur son patrimoine propre à devoir payer des dommages et intérêts. De la même façon, en cas d'accident grave, il peut se retrouver attaqué au pénal par un tiers, et doit dépenser des sommes parfois importantes pour se défendre. "Notre contrat qui couvre la responsabilité personnelle du dirigeant permet la prise en charge des frais de justice, mais également des dommages et intérêts", explique Frédéric Coppin. Les cotisations à ce contrat peuvent être prises en charge par la société, sans que cela soit considéré comme un avantage en nature.
Le risque environnemental a été également mis en lumière par nos experts. La législation, qui a énormément changé ces dix dernières années, instaure le principe du "pollueur payeur". En cas de problème, l'entreprise pourra donc être condamnée à devoir régler tous les frais pour dépolluer un site. Les conséquences d'un sinistre peuvent être très importantes, "les dommages sur l'environnement peuvent bloquer l'activité d'une société pendant un certain temps et coûter très cher au final", explique Frédéric Coppin.
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Troisième type de risque analysé par nos experts et souvent sous-évalué par les dirigeants : le cyber-risque. Contrairement à une idée reçue, il ne touche pas uniquement les grandes entreprises internationales, comme le rappelle l'assureur :
Il y a dix ans les dégâts couverts par les assureurs concernaient surtout les casses de matériel, aujourd'hui, le risque est devenu immatériel.
Avec le cyber-risque, il faut prendre en compte les coûts induits par un problème informatique, remarque Fabrice Allavoine.
Sans l'intervention rapide d'un prestataire externe, une panne sur un système informatique peut même entrainer des pertes d'exploitation et générer des problèmes de gestion de trésorerie, avec des agios à régler, ou de paie des collaborateurs.
Dernier risque évoqué lors du débat par Frédéric Coppin : le risque d'image, la réputation d'une entreprise pouvant être détruite en quelques heures en cas de crise importante mal gérée devant les médias.
Mais pour Fabrice Allavoine, la protection doit aussi prendre en charge le sinistre en aval :
Au terme du débat, les experts ont insisté sur la nécessité, pour un chef d'entreprise de faire le point régulièrement sur sa protection. "Selon l'évolution de l'activité, une couverture qui est valable à un instant t ne le sera peut-être plus en t+1", précise Fabrice Allavoine. La pédagogie est un point crucial dans la relation entre assureur et assuré, "les sujets des risques pour l'entreprise peuvent faire peur mais ils sont réellement importants pour le dirigeant", affirme Frédéric Coppin.
Encore plus dans la période de crise que nous traversons, car même si la couverture complète de son activité a un coût, que beaucoup envisagent de réduire en éliminant les contrats d'assurance jugés accessoires, c'est justement dans les périodes difficiles qu'il faut les conserver. Sinon le coût du règlement d'un sinistre pourrait entrainer la fin de l'entreprise.
Marie Pellefigue
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